Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a exprimé, vendredi 17 octobre 2026, ses inquiétudes face au risque d’une escalade militaire entre l’Éthiopie et l’Érythrée, estimant que le déploiement accru de troupes des deux côtés de leur frontière pourrait déboucher sur un conflit plus large impliquant d’autres pays.
« Chaque fois que vous voyez des troupes des deux côtés de la frontière dans un endroit comme celui-là, vous craignez toujours que cela puisse se transformer en un conflit plus large », a déclaré Marco Rubio lors d’un échange avec la presse à la base aérienne de Joint Base Andrews, aux États-Unis.
Le chef de la diplomatie américaine a défendu la décision de Washington d’alléger certaines sanctions visant l’Éthiopie, affirmant que ces mesures, de portée limitée, n’étaient pas liées aux violences actuelles. Selon lui, cet assouplissement devait notamment permettre de renforcer les canaux de communication avec l’Érythrée, avec laquelle les États-Unis entretiennent des relations historiquement distantes, afin de faciliter une éventuelle médiation.
Marco Rubio a indiqué s’être entretenu personnellement avec les autorités éthiopiennes quelques jours auparavant. Il leur a recommandé de faire preuve de retenue dans leur réponse aux attaques attribuées à des séparatistes, tout en reconnaissant les difficultés sécuritaires auxquelles elles sont confrontées.
« Nous pensons également que c’est le moment d’agir avec sagesse et mesure dans la manière de répondre, et de veiller à ce que cela ne se transforme pas en une guerre plus large qui pourrait finalement entraîner d’autres pays », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « la dernière chose dont le monde a besoin en ce moment, c’est d’une nouvelle guerre ».
Les tensions actuelles s’inscrivent dans une dégradation des relations entre Addis-Abeba et Asmara, notamment autour de la situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie et des ambitions éthiopiennes d’accès à la mer Rouge. L’Éthiopie, enclavée depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, considère l’accès maritime comme un enjeu stratégique, tandis qu’Asmara voit certaines déclarations éthiopiennes comme une menace pour sa souveraineté.
Les deux pays ont été en guerre de 1998 à 2000 dans un conflit frontalier meurtrier. Leur rapprochement de 2018, après des décennies d’hostilité, avait ouvert une nouvelle phase dans leurs relations. Ils ont ensuite combattu contre le Front populaire de libération du Tigré durant la guerre dans cette région éthiopienne, entre 2020 et 2022. Toutefois, les divergences liées à l’après-guerre et les accusations réciproques ont depuis ravivé les tensions, faisant craindre une nouvelle confrontation entre les deux voisins.
AC/Sf/APA





