Comparaissant en larmes devant le pôle Économique et financier (ECO-FI), la prévenue a reconnu les faits qui lui sont reprochés, survenus entre 2024 et 2025.
Le Tribunal de grande instance a condamné mardi Djenebou (nom d’emprunt) à une peine de 11 ans d’emprisonnement dont 8 fermes, assortie d’une amende de 10 millions de francs CFA, pour transport international et livraison de drogue à haut risque, a rapporté nos confrères de « LeFaso.net ».
Son parcours criminel a débuté au Ghana, où elle a rencontré Jacob, un orpailleur qui lui promettait le mariage. Profitant de la vulnérabilité de la jeune femme, confrontée à la maladie de sa mère et aux difficultés financières suite au décès de son père, Jacob l’a progressivement entraînée dans un réseau de trafic de stupéfiants.
Le premier transport s’est effectué vers Boromo, pour le compte de Donald, le frère de Jacob. Dubitative face aux quatre paquets de drogue dissimulés dans des pagnes, Djenebou avait interrogé son compagnon qui lui avait ordonné de s’exécuter sans poser de questions. « Ma mère était malade. C’est moi qui m’occupais de la famille. Vu qu’il avait décidé de m’aider, je n’ai pas pensé longtemps à ce qui pourrait arriver », a-t-elle expliqué au tribunal.
L’arrestation et l’incarcération de Jacob à Diébougou n’ont pas mis fin au trafic. Au contraire, depuis sa cellule, celui-ci continuait à orchestrer l’activité criminelle, remettant à Djenebou des numéros de téléphone de contacts au Ghana et de destinataires à Boromo et Bobo-Dioulasso. La prévenue effectuera six convoyages avant son interpellation par les douanes de Koudougou avec 37 kg de drogue.
Le procureur a souligné la gravité des faits, précisant que Donald n’était pas le seul destinataire. « Elle était devenue le moteur de livraison de la drogue. L’un des destinataires était un Malien qu’elle rencontrait à Bobo », a-t-il indiqué, écartant toutefois tout lien avec le financement du terrorisme après investigation.
Malgré la reconnaissance des faits par l’accusée depuis le début de l’enquête, le ministère public a requis 11 ans dont 6 fermes et 10 millions d’amende dont 5 millions fermes. « On n’a pas besoin de dire à quelqu’un que la drogue c’est mauvais. Elle a reçu la contrepartie et amenait l’argent jusqu’en prison », a martelé le procureur.
À genoux et en larmes, Djenebou a imploré la clémence du tribunal : « Je reconnais que ce que j’ai fait n’est pas bien. C’est la situation de ma famille qui m’a mis dans ces problèmes. Je jure que je ne vais plus jamais recommencer. »
Le tribunal a finalement prononcé une peine plus sévère que les réquisitions, avec une contrainte judiciaire de 24 mois. La condamnée dispose de 10 jours pour faire appel. Le président a par ailleurs demandé au parquet de retrouver Jacob et Donald, toujours en fuite, afin qu’ils répondent de leurs actes.
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