Le gouvernement multiplie les initiatives visant à transformer les produits agricoles sur place.
Au Burkina, l’exportation de la noix brute de cajou est suspendue sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre, a annoncé le gouvernement, dans un communiqué interministériel, en date du 28 mars 2025.
Selon l’exécutif, cette mesure vise à rendre disponible la noix brute de cajou utilisée comme matière première par les unités industrielles de transformation au niveau national.
« Par conséquent, la délivrance des Autorisations Spéciales d’Exportation (ASE) est suspendue », peut-on lire.
Le gouvernement a informé que les opérateurs économiques ayant ce document en cours de validité et ayant entamé déjà des formalités douanières à l’exportation disposent d’un délai de sept jours pour achever les procédures d’exportation.
Le Conseil burkinabè de l’Anacarde a salué une mesure entrant dans le cadre de la promotion de la transformation locale et de la valorisation des filières agricoles stratégiques.
« Le gouvernement burkinabè, à travers les ministères en charge de l’Industrie, de l’Agriculture et des Finances, prend une mesure forte pour renforcer la compétitivité de l’industrie nationale de la noix de cajou », s’est-il réjoui.
Pour le Conseil, la suspension de l’exportation de la noix brute de cajou va permettre de garantir l’approvisionnement des unités de transformation et de créer de la valeur ajoutée, des emplois et de souveraineté économique.
385 FCFA le kilogramme
Le CBA a appelé tous les acteurs concernés à respecter ces dispositions pour un développement harmonieux de la filière.
Toutefois, le gouvernement a prévenu que tout contrevenant à cette décision s’expose à des sanctions conformément à la règlementation en vigueur.
En février 2025, le gouvernement a fixé le prix du kilogramme de la noix brute de cajou à 385 FCFA, pour la campagne 2025 de commercialisation. Ce prix bord champ est en hausse de 75 FCFA, représentant 24,19%, comparativement à la saison 2024, où le prix était à 310 FCFA/Kg.
D’après Sika Finance, la filière anacarde au Burkina Faso mobilise 243 971 ménages pour une production annuelle moyenne de 200 000 tonnes sur les cinq dernières années.
Le pays dispose d’un total de 26 unités de transformation, employant près de 9 580 personnes, dont plus de 92 % de femmes. Malgré ces infrastructures, seules 16 333 tonnes sont transformées localement chaque année, tandis que l’essentiel de la production est exporté à l’état brut.
En 2023, l’anacarde s’est classé au deuxième rang des produits agricoles exportés du Burkina Faso, avec 124 900 tonnes de noix de cajou brutes vendues à l’étranger, pour un revenu de 60,9 milliards FCFA. La transformation locale a généré 11,5 milliards FCFA de recettes d’exportation.
HO/ac/APA