Un cabinet d’avocats français est mandaté par la famille de Yaya Dillo, l’opposant tchadien assassiné, à dessein d’engager toutes les procédures requises pour que les commanditaires et les auteurs et les complices soient identifiés.
L’affaire Yaya Dillo refait surface un an après la mort de l’opposant tchadien. Dans un communiqué rendu public vendredi 28 février, le cabinet Kimia avocats a indiqué être mandaté par sa famille pour saisir la Justice française et les instances internationales pour la lumière sur l’assassinat de l’opposant. Ce dernier a été tué le 28 février 2024 lors de l’assaut des forces de défense et de sécurité sur le siège de son parti à N’Djaména.
Selon le cabinet d’avocats mandaté, « un an après, jour pour jour, aucune enquête (au Tchad, en France ou au niveau international) visant à faire la lumière sur ces faits tragiques n’a été lancée (…) Face à l’inertie des autorités tchadiennes et à l’absence de l’enquête internationale indépendante pourtant promise par le Président tchadien Mahamat Idriss Déby et l’ancien Premier ministre Succès Masra, la famille de Yaya Dillo Djérou, représentée par son frère M. Ousmane Dillo Djérou, a mandaté Maître Pierre Masquart et Maître Charles-Stéphane Marchiani, membres du réseau Kimia avocats, afin d’engager toutes les procédures requises pour que les auteurs, les commanditaires et les complices de cet assassinat politique soient identifiés », a souligné le communiqué transmis à APA.
L’acte ayant été qualifié d’exécution extrajudiciaire par de nombreuses organisations de défense des droits humains, la famille du Président Yaya Dillo Djérou, avec le soutien de ses avocats, refuse que ce crime reste impuni.
« De nombreux éléments ont été réunis et le moment est aujourd’hui venu pour que toutes les responsabilités soient mises à jour », peut-on lire dans le document.
Le mandat confié aux avocats vise à engager dans « les jours prochains » de nouvelles actions et plaintes devant « les juridictions françaises compétentes ; le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires et/ou le comité des droits de l’homme de l’ONU ; et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine. »
« L’impunité ne peut pas être la règle. Nous voulons que la lumière soit faite sur l’assassinat de Yaya Dillo et que les responsables rendent des comptes », a déclaré Ousmane Dillo Djérou, porte-parole de la famille cité par le cabinet d’avocats.
Yaya Dillo Djerou Betchi, opposant tchadien décédé le 28 février 2024 après avoir été blessé lors d’un assaut des forces de sécurité, avait des ambitions politiques dès ses années d’études au Canada. Neveu d’Idriss Déby, il s’est engagé politiquement, soutenant une rébellion avant d’être emprisonné.
Après sa libération, il a occupé plusieurs fonctions ministérielles avant de créer son propre parti. En 2021, il se présente à la présidentielle, mais des affrontements avec les forces de sécurité conduisent à la mort de sa famille. Trois ans plus tard, après la mort de son oncle et l’accession de son neveu au pouvoir, il est de nouveau visé par les autorités, ce qui mène à sa mort dans un assaut des forces de sécurité.