Le 22 mai demeure associé dans l’histoire africaine à l’ouverture de la conférence ayant conduit à la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), mais aussi à plusieurs épisodes politiques et sociaux liés aux luttes anticoloniales, aux transitions régionales et aux tensions de la guerre froide sur le continent.
Le 22 mai 1963, trente-deux chefs d’État et de gouvernement africains ouvrent à Addis-Abeba la conférence historique qui débouchera, le 25 mai, sur la signature de la Charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Réunis sous l’impulsion de l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié, les dirigeants débattent des questions de décolonisation, de lutte contre l’apartheid, de coopération interafricaine et des formes possibles d’unité politique du continent.
Les discussions opposent alors les partisans d’une intégration politique rapide autour du président ghanéen Kwame Nkrumah, chef de file du groupe de Casablanca, aux États du groupe de Monrovia, plus attachés à la souveraineté nationale des jeunes États indépendants. Le compromis trouvé à Addis-Abeba donnera naissance à la première grande organisation politique continentale africaine.
Le 22 mai 1977 s’inscrit également dans la phase d’intensification de la « Terreur rouge » en Éthiopie. Le régime militaire du Derg multiplie alors arrestations, exécutions sommaires et purges politiques contre les opposants réels ou supposés au pouvoir du colonel Mengistu Haile Mariam, dans un contexte de radicalisation marxiste et de guerre civile.
En Afrique australe, le 22 mai 1989 intervient durant la phase finale du processus de transition namibien supervisé par les Nations Unies. Des milliers de réfugiés namibiens commencent alors à rentrer dans le pays avant l’indépendance officielle proclamée en mars 1990, marquant l’un des derniers grands épisodes de décolonisation du continent.
Le 22 mai 2015 correspond à une aggravation de la crise politique au Burundi après l’échec de la tentative de coup d’État contre le président Pierre Nkurunziza. Les manifestations contre son projet de troisième mandat se poursuivent tandis que la répression et les violences politiques s’intensifient dans plusieurs quartiers de Bujumbura.
Le 22 mai reste également associé à la montée des mobilisations anti-apartheid en Afrique du Sud au début des années 1950, dans le contexte de préparation de la Defiance Campaign, vaste campagne de désobéissance civile menée par l’ANC contre les lois ségrégationnistes du régime sud-africain.
Sf/APA







