Les agences humanitaires des Nations Unies ont alerté, vendredi, sur la dégradation rapide de la situation alimentaire de plus de 100 000 personnes déplacées dans les camps d’El Obeid, au Soudan, où les besoins dépassent désormais les capacités actuelles d’assistance.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit une aide alimentaire à ces déplacés, mais les rations distribuées restent incomplètes et sont souvent partagées entre plusieurs familles, faute d’autres moyens de subsistance.
« Nous ne fournissons même pas la ration alimentaire complète à ces personnes, mais cette ration réduite est tout de même partagée par les bénéficiaires avec d’autres familles », a déclaré le représentant du PAM au Soudan, Abdallah Alwardat, lors d’un point de presse organisé à Genève.
De retour d’une mission à El Obeid, ville assiégée depuis 18 mois, le responsable humanitaire a appelé à élargir rapidement l’aide au-delà des 100 000 personnes déjà assistées. Il a précisé que le PAM apporte également un soutien nutritionnel à 17 000 enfants affectés par la crise.
Pour illustrer l’ampleur de la détresse, M. Alwardat a évoqué le cas d’une femme âgée, entièrement dépendante des distributions alimentaires, qui cherchait d’autres familles pour partager les frais de transport de sa ration jusqu’à sa tente.
La guerre entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), déclenchée après l’échec de la transition vers un pouvoir civil, a provoqué la plus grave crise de déplacement au monde.
Plus de 14 millions de personnes ont fui leur foyer et près de 20 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.
Le PAM affirme assister entre trois et cinq millions des personnes les plus vulnérables, confrontées à des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence ou catastrophiques. L’agence reconnaît toutefois que ses ressources financières sont insuffisantes pour répondre à l’ensemble des besoins.
Malgré les combats, l’accès humanitaire à El Obeid demeure possible. Le PAM indique avoir acheminé des vivres ces dernières semaines et prépositionné des stocks suffisants pour couvrir les besoins des deux prochains mois.
« Tant que nous disposerons du soutien financier nécessaire, nous avons les moyens de maintenir cette ligne de vie », a assuré Abdallah Alwardat, précisant que les distributions de juillet avaient déjà commencé et que celles d’août étaient prêtes.
ARD/te/Sf/APA







