Le gouvernement égyptien travaille à la création d’un système unifié de protection sociale destiné à remplacer progressivement une partie des subventions en nature par des aides financières directes, dans le cadre d’une réforme visant à améliorer le ciblage des ménages vulnérables, et à renforcer la soutenabilité budgétaire.
Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a indiqué lundi que les autorités préparaient un programme intégré reposant sur des transferts monétaires différenciés selon les revenus et la situation sociale des bénéficiaires, selon un communiqué du Conseil des ministres. Cette réforme s’inscrit dans un contexte où l’Égypte cherche à rationaliser ses dépenses publiques tout en maintenant des mécanismes de soutien pour les catégories les plus exposées à l’inflation et à la hausse du coût de la vie.
Le futur dispositif doit remplacer progressivement plusieurs formes de subventions en nature actuellement en vigueur, notamment sur les produits alimentaires et certains produits énergétiques. Le gouvernement n’a toutefois pas encore précisé le calendrier d’application ni l’étendue exacte des aides concernées par cette transformation.
Les autorités égyptiennes présentent ce programme comme un système «dynamique» permettant l’entrée ou la sortie des bénéficiaires selon l’évolution de leurs revenus et de leurs conditions de vie. L’objectif affiché consiste à rendre les mécanismes d’aide sociale plus précis et plus transparents grâce à l’utilisation de bases de données actualisées et vérifiées.
Mostafa Madbouly estime que cette réforme doit permettre de trouver un équilibre entre justice sociale et durabilité économique. Le gouvernement cherche notamment à réduire les inefficacités liées aux systèmes de subventions généralisées tout en préservant le pouvoir d’achat des populations les plus fragiles.
L’Égypte dispose déjà de plusieurs programmes sociaux d’envergure. Le plus important reste «Takaful et Karama» («Solidarité et Dignité»), lancé en 2016 avec le soutien de la Banque mondiale afin d’apporter des aides financières aux familles modestes, aux personnes âgées et aux populations vulnérables. Le système de cartes de rationnement «Tamween» permet également à des dizaines de millions d’Égyptiens d’acheter des produits de base à prix subventionnés.
Le pays maintient par ailleurs plusieurs mécanismes de soutien indirect, notamment la subvention du pain baladi, produit alimentaire central dans la consommation nationale, ainsi que les aides au carburant destiné aux boulangeries et aux bouteilles de gaz butane. Les autorités n’ont pas encore indiqué si ces dispositifs seront totalement intégrés au futur système monétaire.
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