Le chercheur marocain Adnane Remmal a été récompensé à Paris par le Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie, en reconnaissance de ses travaux innovants contre la résistance aux antibiotiques, un enjeu majeur de santé publique mondiale.
Le professeur Adnane Remmal, enseignant-chercheur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, figure parmi les trois scientifiques distingués vendredi soir à Paris par le Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie.
Cette distinction récompense ses travaux consacrés à la lutte contre la résistance aux antibiotiques et au développement de solutions thérapeutiques destinées à combattre les infections provoquées par des bactéries multirésistantes.
Au cœur de ses recherches figure une approche innovante consistant à associer des antibiotiques conventionnels à des molécules naturelles issues notamment des huiles essentielles. L’objectif est de restaurer l’efficacité de traitements existants en neutralisant certains mécanismes de résistance développés par les bactéries.
Cette démarche a notamment conduit à la mise au point d’OLIPEN, un traitement associant un antibiotique à un composant naturel, autorisé pour un usage clinique au Maroc. Selon le chercheur, cette approche a déjà bénéficié à des centaines de milliers de patients.
Sa démarche consiste à prolonger l’efficacité des antibiotiques disponibles plutôt qu’à miser exclusivement sur la découverte de nouvelles molécules. Une stratégie qui pourrait contribuer à réduire les coûts et les délais de développement de traitements, tout en facilitant leur accessibilité aux systèmes de santé.
Les recherches du scientifique marocain concernent également le secteur de l’élevage, avec le développement d’alternatives naturelles aux antibiotiques utilisés dans la production animale. Ces solutions visent à limiter le recours systématique aux antimicrobiens dans les exploitations, tout en contribuant à améliorer la sécurité sanitaire des aliments et la durabilité des systèmes de production.
Deux autres chercheurs ont été récompensés lors de cette édition. La neuroscientifique chinoise Nancy Yuk-yu Ip, présidente de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong, a été distinguée pour ses travaux sur les mécanismes cérébraux et la maladie d’Alzheimer. Le chercheur espagnol Carlos Martín Montañés, professeur à l’Université de Saragosse, a été récompensé pour sa contribution au développement clinique d’un vaccin vivant atténué contre la tuberculose.
MK/AK/Sf/APA




