Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à une reconstruction globale du système de santé publique, invoquant les droits sociaux et une rupture avec des décennies de défaillances structurelles, sans toutefois préciser les moyens opérationnels de cette refonte.
Le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, a présidé mercredi 14 janvier au palais de Carthage une réunion consacrée au dossier de la santé publique, en présence du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et du ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, selon un communiqué officiel de la présidence.
Le chef de l’État y a plaidé pour une « reconstruction du service public de la santé, toutes composantes confondues », estimant que celle-ci doit s’inscrire dans une nouvelle vision répondant aux « revendications légitimes du peuple tunisien ».
Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité de repenser en profondeur le système de santé publique, qu’il a décrit comme affaibli par « de longues décennies de destruction systématique ». Il a également appelé à la restructuration des régimes de couverture sociale, qualifiée de « droit de l’homme » et de revendication sociale fondamentale.
Le président a exhorté les responsables à faire prévaloir « l’intérêt supérieur du pays » dans le traitement des questions sanitaires, les inscrivant dans un effort global de redressement de l’action publique.
Le discours présidentiel met cependant en lumière un décalage persistant entre l’ampleur des objectifs affichés et la réalité des contraintes du secteur. Les difficultés structurelles du système de santé tunisien — pénuries récurrentes de médicaments, disparités régionales dans l’accès aux soins, fragilité financière des caisses sociales et exode des professionnels de santé — sont régulièrement documentées, mais les annonces officielles restent largement dépourvues de calendrier précis ou de chiffrage budgétaire.
Kaïs Saïed a évoqué une série d’obstacles « qui surgissent de temps à autre » dans le secteur, appelant à leur dépassement « en urgence » à travers une approche « prospective, objective et scientifique ». Il a donné des instructions pour trouver des solutions immédiates concernant notamment la couverture sociale, la constitution d’un stock stratégique de médicaments et l’amélioration des services de santé dans toutes les régions du pays, sans détailler les mécanismes institutionnels ou financiers envisagés.
La réunion a également pris une dimension symbolique et mémorielle. Le président a salué la contribution historique de médecins, pharmaciens et infirmiers tunisiens à la lutte pour l’indépendance et à la construction de l’école tunisienne de médecine, rappelant le rôle du pays comme pôle régional de formation et de soins.
Cette référence au passé contraste toutefois avec les alertes actuelles des professionnels de santé sur la dégradation des conditions de travail et des infrastructures.
Kaïs Saïed a réaffirmé que la « bataille de la libération nationale » se poursuivra, liant la réforme du système de santé à son discours politique plus large. Si l’orientation générale est clairement affirmée, les contours concrets de cette reconstruction du service public de la santé restent, à ce stade, largement indéterminés.
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