Madagascar, le Mozambique et le Zimbabwe figurent parmi les quatre seuls pays africains à avoir annoncé des financements nationaux en faveur des produits et services de santé reproductive, dans un contexte marqué par la baisse de l’aide internationale. Avec le Burundi, ces trois pays ont promis plus de 292 millions de dollars lors d’un événement mondial consacré au financement de la santé reproductive.
Des engagements pour financer les actions en santé reproductive en Afrique australe, ont été annoncés le 23 septembre à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Au total, quatre pays -Madagascar, Mozambique, Zimbabwe, Burundi- prévoient d’allouer plus de 292 millions de dollars aux infrastructures sanitaires, aux produits de santé reproductive, à la planification familiale et aux soins de santé maternelle.
Pour Lydia Zigomo, directrice régionale du Fonds des Nations Unies pour la population (NUAP) pour l’Afrique de l’Est et australe, ces annonces traduisent une appropriation nationale croissante des programmes de santé reproductive, alors que les financements extérieurs subissent des pressions.
« Lorsqu’un gouvernement achète ses propres contraceptifs et modernise ses propres maternités, il prend une décision à long terme concernant son avenir », a-t-elle déclaré lundi.
Les engagements des quatre pays représentent environ 40 % des plus de 715 millions de dollars mobilisés lors de cet événement, coorganisé par l’UNFPA, FP2030 et la Fondation Gates, avec plusieurs gouvernements partenaires.
Ces annonces interviennent alors que les programmes de santé reproductive en Afrique font face à des contraintes financières croissantes, liées notamment à la réduction du soutien des bailleurs de fonds. Cette situation pousse les gouvernements à renforcer leurs investissements nationaux dans les services de santé essentiels.
Des engagements différenciés
Madagascar a prévu d’allouer 20 millions de dollars de son budget national à l’achat de produits de santé reproductive pour la période 2026-2027. Le Mozambique, pour sa part, s’est engagé à consacrer 17,6 millions de dollars aux mêmes produits sur cette période.
Le Zimbabwe a annoncé l’engagement financier le plus important, avec plus de 250 millions de dollars destinés à la modernisation des hôpitaux à travers le pays. Environ 30 % de cette enveloppe seront consacrés aux infrastructures de santé maternelle et infantile.
Le pays prévoit également de mobiliser 2,25 millions de dollars par an en 2026 et 2027 pour l’achat de produits de planification familiale.
De son côté, le Burundi a annoncé 4 millions de dollars pour les produits de planification familiale en 2026, ainsi que plus de 500 000 dollars pour des programmes de mentorat dans les domaines des soins obstétricaux et néonatals d’urgence.
Les financements nationaux en hausse
Ces annonces s’inscrivent dans une tendance plus large de renforcement du financement national de la santé reproductive en Afrique.
Selon l’UNFPA, les contributions des gouvernements participant au partenariat « UNFPA Supplies » ont été multipliées par plus de six entre 2020 et 2025, atteignant un niveau record de 68 millions de dollars en 2025.
Ce partenariat, l’un des principaux programmes de l’UNFPA en faveur de l’accès aux contraceptifs et aux médicaments liés à la santé maternelle, est actuellement déployé dans 54 pays. Il comprend notamment un mécanisme de fonds de contrepartie, le « Match Fund », qui complète les contributions gouvernementales éligibles dans la limite de plafonds prédéfinis.
De nouveaux soutiens internationaux
Parallèlement à ces engagements nationaux, plusieurs bailleurs et partenaires internationaux ont annoncé de nouveaux financements lors de l’événement de New York.
Le Royaume-Uni a promis 254 millions de livres sterling, soit environ 337,8 millions de dollars, pour des programmes de santé reproductive. Sur cette enveloppe, 204 millions de livres seront destinés au partenariat « UNFPA Supplies ».
Le Danemark et la Norvège ont, eux aussi, annoncé de nouveaux engagements pluriannuels. L’organisation philanthropique GiveWell a pour sa part accordé une subvention de 10 millions de dollars à l’UNFPA.
La Banque européenne d’investissement a également proposé une garantie de 200 millions d’euros.
Pour les acteurs de la santé, la combinaison des financements nationaux et internationaux pourrait contribuer à maintenir l’accès aux services de planification familiale, aux contraceptifs et aux soins de santé maternelle. Elle intervient alors que les pays africains cherchent à réduire leur dépendance à l’aide extérieure et à renforcer, sur le long terme, la résilience de leurs systèmes de santé.
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