Le gouvernement guinéen entend accélérer la transformation urbaine de Conakry à travers deux projets portant sur la résorption de l’habitat précaire à Coronthie et la construction de 1 710 logements sociaux à Sonfonia, deux initiatives présentées comme des leviers de la politique d’aménagement et d’habitat inscrite dans le programme Simandou 2040.
Le Premier ministre Amadou Oury Bah a reçu lundi une délégation du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire venue faire le point sur deux projets structurants destinés à accompagner le renouvellement urbain de la capitale guinéenne.
La délégation, conduite par le secrétaire général du ministère, Ahmed Sékou Keita, a présenté au chef du gouvernement l’état d’avancement du projet PHENIX « Zéro bidonville » à Coronthie 1 et 2, ainsi qu’un programme de construction de 1 710 logements sociaux à Sonfonia. Ces deux initiatives sont menées avec l’appui de partenaires, notamment 54 RED, et impliquent respectivement l’Agence nationale de renouveau urbain (ANRU) et l’Agence guinéenne de financement du logement (AGUIFIL).
Les études architecturales des deux projets ont déjà été réalisées, selon le responsable du ministère, qui a présenté au Premier ministre les plans et les principales orientations retenues. La rencontre devait également permettre de recueillir les instructions du gouvernement avant la poursuite du processus.
À Coronthie, le projet PHENIX vise notamment la rénovation et la reconstruction d’un site identifié comme faisant partie des zones d’habitat précaire de Conakry. L’objectif affiché est de transformer progressivement ces espaces urbains tout en améliorant les conditions de logement et l’accès aux équipements et services.
À Sonfonia, le programme de 1 710 logements s’inscrit dans la politique de développement de l’habitat social. Il vient s’ajouter à d’autres opérations déjà engagées dans cette zone. En mai dernier, le gouvernement avait réceptionné 280 logements sociaux à Sonfonia-Lac et lancé la construction de 925 logements supplémentaires.
Cette multiplication des programmes de logements répond à une pression urbaine croissante à Conakry, marquée par l’extension de la ville, la pression foncière, le coût des loyers et les difficultés d’accès à un habitat décent. Le ministère de l’Urbanisme identifie d’ailleurs la construction de logements, la rénovation urbaine, l’aménagement des voiries et la modernisation de la gouvernance foncière parmi les principaux programmes devant accompagner la transformation du pays.
Une composante de Simandou 2040
Les deux projets sont présentés par les autorités comme s’inscrivant dans la vision de développement du président Mamadi Doumbouya et dans le programme Simandou 2040, désormais établi comme cadre de référence du développement socioéconomique de la Guinée pour la période 2026-2040. Le Conseil national de la transition a adopté en mars la loi-plan 2026-2040 ainsi que la loi-programme 2026-2030 relatives à ce programme.
Simandou 2040 prévoit notamment des investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’habitat et les services essentiels. La première phase du programme, couvrant 2025-2030, prévoit plus de 65 milliards de dollars d’investissements prioritaires, selon les documents officiels.
Dans le secteur de l’habitat, cette orientation vise à faire du logement social un instrument d’aménagement urbain, mais aussi à accompagner l’émergence de nouveaux pôles résidentiels autour de la capitale.
L’architecte de 54 RED, Fayçal Santissi, estime que les projets devraient contribuer à améliorer le cadre de vie des populations et à favoriser l’accès à des logements décents, notamment à travers la réduction progressive de l’habitat précaire.
Le Premier ministre Amadou Oury Bah a, pour sa part, demandé aux acteurs concernés d’accélérer le processus et de privilégier des réalisations concrètes. Il a également appelé à tirer les enseignements des expériences antérieures afin que les populations puissent rapidement mesurer les effets des nouveaux programmes.
Au-delà des logements, l’enjeu pour les autorités est de structurer l’expansion de Conakry, confrontée à des problèmes de mobilité, d’équipements collectifs, d’assainissement et d’occupation du foncier. Le ministère de l’Urbanisme présente ainsi la rénovation urbaine et la construction de logements comme des composantes d’une stratégie plus large visant à encadrer l’expansion de la capitale et à améliorer durablement les conditions de vie.
La mise en œuvre effective des projets, leur financement, leur calendrier d’exécution et les modalités d’attribution des logements sociaux constitueront désormais des étapes déterminantes pour traduire ces ambitions en réalisations concrètes.
TE/APA





