La loi de finances 2026 devrait être le premier test grandeur nature de ce dispositif, qui pourrait devenir la pierre angulaire d’une politique sociale marocaine réformée, axée sur l’efficacité et la transparence.
Le gouvernement Akhannouch prépare un virage stratégique dans la politique sociale de l’État, avec la mise en place, dès 2026, d’un système d’aides directes finement ciblées, adossé au Registre social unifié (RSU). L’objectif : garantir que chaque dirham dépensé atteigne directement les ménages les plus vulnérables, tout en préservant un déficit budgétaire contenu à 3 % du PIB et en visant une croissance de 4,5 %.
Le dispositif, décrit comme « chirurgical », sera accompagné d’indicateurs de suivi permettant d’évaluer l’efficacité des transferts sur la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie. Le ciblage s’appuiera sur des données actualisées en continu, intégrant des critères de revenu, de localisation et de composition familiale.
Cette réforme s’inscrit dans un calendrier plus large de réformes structurelles : refonte des retraites, poursuite du dialogue social, restructuration des établissements et entreprises publics (EEP), modernisation de la Loi organique des finances (LOF) et renforcement de la régionalisation. Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a insisté sur la nécessité d’« aligner la dépense publique sur les objectifs de développement humain », rappelant que le modèle antérieur d’aides généralisées avait montré ses limites en termes d’efficacité et d’équité.
Les économistes saluent le principe du ciblage, mais soulignent trois défis : garantir l’exhaustivité des données du RSU, éviter les erreurs d’exclusion et maintenir la confiance des citoyens dans un système encore en construction. Des expériences internationales, comme celles du Brésil ou du Chili, montrent que la réussite dépend de la qualité des infrastructures numériques et de la capacité administrative à gérer de grands volumes de données sensibles.
Le ministère des Finances prépare, en parallèle, une campagne nationale d’information pour expliquer le fonctionnement du dispositif et éviter toute confusion avec les autres programmes sociaux. Des ONG plaident pour un mécanisme de recours accessible, afin de permettre aux ménages exclus par erreur de contester leur situation.
MK/Sf/APA







