L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a examiné 48 dossiers en 2024, dont 13 ont été transmis à la justice. L’institution relève également la faible mise en œuvre de ses recommandations et des difficultés persistantes d’accès aux informations foncières.
Le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu jeudi à Koulouba les rapports annuels 2021 et 2024 de l’OCLEI, remis par son président, Modibo Sacko.
En 2024, l’Office a examiné 48 dossiers et transmis 13 d’entre eux à la justice, selon les chiffres présentés lors de la cérémonie. En 2023, six dossiers avaient été transmis aux autorités judiciaires, pour un montant présumé d’enrichissement illicite estimé à 1,54 milliard de FCFA.
La transmission d’un dossier à la justice ne constitue pas une condamnation et ne préjuge pas des suites judiciaires réservées aux faits signalés.
L’OCLEI indique également avoir organisé 21 activités de prévention en 2024, auxquelles ont participé 2 025 personnes, dont 761 femmes. L’institution a par ailleurs poursuivi sa coopération avec les structures nationales et ses partenaires étrangers.
Le rapport de 2021 fait état de 968 déclarations de biens contrôlées, correspondant au même nombre de dossiers communiqués par la Cour suprême. Douze dossiers avaient alors été transmis à la justice, tandis que plus de 1 400 personnes avaient pris part aux activités de sensibilisation.
L’Office avait également réalisé une étude sur les techniques d’enrichissement illicite dans l’administration publique.
Le contrôle des déclarations de biens constitue l’un des principaux instruments de prévention confiés à l’OCLEI. Les données disponibles font toutefois ressortir une baisse du nombre de déclarations déposées. Après un pic de 629 en 2018, leur nombre est passé à 116 en 2021, puis à 60 en 2022 et en 2023.
Dans son rapport de 2023, l’Office recommandait notamment au gouvernement de rappeler régulièrement aux responsables des institutions et des départements ministériels concernés leurs obligations en matière de déclaration de biens.
Lors de la présentation des rapports jeudi, Modibo Sacko a déploré la faible mise en œuvre de certaines recommandations de l’OCLEI. Il a également évoqué les difficultés d’accès aux informations foncières et domaniales, ainsi que l’absence d’un siège propre à l’institution.
Face à ces contraintes, Assimi Goïta a appelé à accélérer la modernisation des outils de contrôle et la digitalisation des procédures. Il a également préconisé la mise en place d’un dispositif national de mesure de l’enrichissement illicite.
Le chef de l’État a par ailleurs évoqué les difficultés liées aux informations foncières, en lien avec la création récente du Pôle national spécialisé en matière foncière, chargé de renforcer le traitement des infractions dans ce domaine.
La remise des rapports de l’OCLEI intervient huit jours après celle des rapports 2024 et 2025 du Bureau du Vérificateur général. Les deux institutions soulignent notamment la nécessité d’améliorer le suivi des recommandations issues de leurs contrôles.
Légende photo : Le président de la Transition, Assimi Goïta, reçoit les rapports 2021 et 2024 de l’OCLEI des mains de son président, Modibo Sacko, le 22 octobre 2026 à Koulouba.
MD/te/APA





