À Madagascar, la nouvelle équipe gouvernementale, dominée par des profils sécuritaires et technocratiques, s’inscrit dans la dynamique de refondation engagée par les autorités depuis octobre 2025.
Les autorités malgaches ont rendu publique, mercredi, la composition d’un nouveau gouvernement, formé dans la foulée de la nomination du Premier ministre Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison le 15 mars.
Il s’agit du deuxième cabinet depuis l’avènement de la phase dite de « Refondation de la République », lancée par le chef de l’État, le colonel Randrianirina, arrivé au pouvoir en octobre 2025.
La mise en place de cette nouvelle équipe intervient dans un contexte de recomposition rapide de l’exécutif. Le 9 mars, le président malgache avait dissous le gouvernement et limogé le Premier ministre sortant, Herintsalama Rajaonarivelo, avant de nommer son successeur six jours plus tard. Lors de cette nomination, il avait exigé des « résultats rapides et précis ».
Ancien officier de gendarmerie et ex-directeur du Service de renseignement financier malgache (SAMIFIN), Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison incarne, selon les autorités, la volonté de moralisation et de fermeté du nouveau régime. Lors de sa prise de fonctions, il a affirmé qu’« il n’y a pas d’autre choix que de réussir dans l’intérêt du peuple malgache ».
La composition du gouvernement reflète cette orientation, avec une forte présence de hauts gradés aux postes régaliens. Les portefeuilles de la Défense, de la Gendarmerie et de la Sécurité publique sont ainsi confiés à des officiers supérieurs, traduisant la priorité accordée aux questions sécuritaires.
Sur le plan institutionnel, la création d’un ministère chargé de la « Refondation » marque une volonté affichée de transformation structurelle de l’État.
La diplomatie est confiée à Alice N’Diaye, tandis que Fanirisoa Ernaivo hérite de la Justice et Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana de l’Intérieur et de la Décentralisation.
Au plan économique, Herinjatovo Aimé Ramiarison prend en charge l’Économie et les Finances, avec un accent mis sur les secteurs productifs, notamment l’agriculture, les mines, l’énergie et l’économie bleue.
Le secteur éducatif est réparti entre trois ministères distincts, couvrant l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, tandis que les portefeuilles sociaux concernent la santé, la population et l’accès à l’eau et à l’assainissement.
Arrivé au pouvoir à la suite d’une transition consécutive au départ de Andry Rajoelina, le colonel Randrianirina entend accélérer les réformes et stabiliser le pays, avec notamment en ligne de mire l’unification des forces politiques de l’opposition.
AC/Sf/APA







