Présentée par les autorités comme un tournant économique majeur, la stratégie algérienne de développement territorial peine encore à dissiper les doutes sur sa capacité réelle à transformer des régions longtemps marginalisées.
Les autorités algériennes multiplient depuis plusieurs années les annonces autour d’une nouvelle stratégie de développement fondée sur l’émergence de pôles économiques régionaux, censés réduire les profondes disparités territoriales qui caractérisent le pays.
Cette orientation, portée par le président Abdelmadjid Tebboune depuis son arrivée au pouvoir en 2019, vise officiellement à transformer les régions longtemps considérées comme des « zones d’ombre » en nouveaux centres de croissance économique.
Le chef de l’État avait d’ailleurs fait de cette question l’un des premiers chantiers de son mandat, réunissant walis et membres du gouvernement afin d’établir un diagnostic sur ces territoires marginalisés et d’annoncer un programme d’investissements destinés à les raccorder aux infrastructures de base. Cette reconnaissance publique de l’existence de régions largement délaissées a constitué un aveu rare des déséquilibres structurels accumulés au fil de décennies de politiques économiques centralisées.
Depuis lors, Alger met en avant plusieurs projets d’infrastructures présentés comme les piliers de cette stratégie territoriale. Parmi eux figure la ligne ferroviaire minière reliant la région de Gara Djebilet à Béchar, destinée à acheminer le minerai de fer du sud-ouest vers les ports du nord. Le projet s’inscrit dans la relance de l’exploitation du gigantesque gisement de Gara Djebilet, longtemps resté inexploité malgré son potentiel.
D’autres initiatives sont également mises en avant, notamment la construction d’une route reliant Tindouf à Zouerate en Mauritanie, destinée à ouvrir un corridor commercial vers le port de Nouadhibou, ainsi que plusieurs projets ferroviaires censés désenclaver le Grand Sud. Dans le discours officiel, ces infrastructures devraient favoriser l’émergence d’activités économiques locales et stimuler la mobilité des populations.
Le gouvernement algérien souligne également l’essor de projets agricoles et agro-industriels dans les régions sahariennes. Des investissements dans la production céréalière, l’élevage ou la transformation agroalimentaire sont ainsi annoncés dans plusieurs wilayas du Sud, parfois en partenariat avec des entreprises étrangères. L’objectif affiché consiste à créer des pôles agro-industriels capables de générer des emplois et de soutenir la diversification économique.
MK/AK/te/Sf/APA







