La guerre au Soudan s’enlise et continue de ravager le pays. Plus de mille jours après le début du conflit, l’ONU alerte sur une situation humanitaire catastrophique, marquée par la faim, les déplacements massifs de populations et l’effondrement des services publics.
La guerre au Soudan a franchi en janvier un seuil symbolique et alarmant : plus de mille jours de conflit. « C’est bien trop longtemps », a déclaré mardi Tom Fletcher, chef des secours d’urgence de l’ONU, dressant le constat d’un pays dévasté par la famine, l’exil forcé et les violences.
À l’approche des trois ans de guerre, le conflit, né le 15 avril 2023, oppose le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée nationale, à son ancien allié Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemetti, dirigeant des Forces de soutien rapide (FSR). Cette rupture au sommet de l’État a plongé le pays dans l’une des pires crises humanitaires contemporaines.
Les combats ont transformé Khartoum et de vastes régions du Soudan en zones de guerre, provoquant l’effondrement des services publics et des déplacements massifs de populations. Dans le Kordofan méridional, plus de 10 000 personnes déplacées vivent dans des camps, confrontés à de graves pénuries de nourriture, d’eau, de soins de santé et d’abris, selon l’OCHA.
Dans le Darfour du Nord, plus de mille personnes ont récemment fui vers la localité de Tawila, où l’aide humanitaire reste largement insuffisante. Les déplacements se poursuivent également dans le Darfour oriental et l’État du Nil Bleu, dessinant une crise en constante expansion.
Face à l’urgence, l’ONU soutient les efforts diplomatiques du Quad (États-Unis, Égypte, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) pour obtenir une trêve humanitaire et permettre l’acheminement de l’aide. Pour 2026, le plan de réponse humanitaire de l’ONU nécessite 2,9 milliards de dollars afin de venir en aide à plus de 20 millions de personnes.
Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, plusieurs tentatives de cessez-le-feu et de trêves humanitaires ont déjà été engagées sous l’égide de la communauté internationale, sans succès durable. Malgré les appels répétés de l’ONU et de ses partenaires, les combats se poursuivent, aggravant une crise humanitaire déjà considérée comme l’une des plus graves au monde.
DM/Sf/APA







