La guerre en Iran et les tensions croissantes autour du détroit d’Ormuz provoquent une nouvelle flambée des prix du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux. À plusieurs milliers de kilomètres du théâtre des opérations, l’Algérie observe attentivement cette évolution qui pourrait relancer ses recettes d’exportation d’hydrocarbures, principale source de devises pour le pays.
Selon des données publiques du secteur énergétique, l’économie algérienne demeure fortement dépendante du pétrole et du gaz, qui représentent l’essentiel des exportations et une part majeure des recettes budgétaires. Dans ce contexte, toute hausse durable des cours internationaux de l’énergie se traduit mécaniquement par un afflux de revenus extérieurs pour le pays, même si la production nationale reste modeste à l’échelle mondiale.
La crise actuelle au Moyen-Orient accentue cette dynamique. La navigation commerciale dans certaines zones du Golfe persique a été perturbée après plusieurs incidents maritimes, poussant certaines compagnies à éviter les routes proches du détroit d’Ormuz. Or, près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié transite par ce passage stratégique, ce qui alimente les tensions sur les marchés énergétiques.
Dans ce contexte, plusieurs pays producteurs membres de l’alliance Opep+ ont annoncé un ajustement de leur production pétrolière pour tenter de stabiliser les marchés. Parmi eux figure l’Algérie, dont la production doit atteindre environ 977.000 barils par jour à partir d’avril selon les quotas annoncés dans le cadre de l’accord du groupe.
Une hausse durable des cours pourrait offrir au pays un répit financier bienvenu. L’expérience récente illustre cette corrélation directe : après le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022 et l’envolée du Brent à une moyenne d’environ 104 dollars le baril, les exportations d’hydrocarbures avaient atteint près de 60 milliards de dollars. Ce niveau représentait un rebond spectaculaire après la chute à environ 20 milliards de dollars enregistrée en 2020, année marquée par la crise sanitaire mondiale.
Mais cette dépendance structurelle expose également l’économie algérienne à une forte volatilité. Dès que les prix du pétrole se replient, les recettes extérieures diminuent rapidement. En 2023, les exportations d’hydrocarbures ont ainsi reculé à environ 50 milliards de dollars, soit une baisse d’environ 16 %, principalement en raison du repli des cours internationaux.
Ainsi, si la crise au Moyen-Orient pourrait offrir à l’Algérie un nouveau souffle financier grâce à la hausse des hydrocarbures, elle rappelle aussi une réalité persistante : l’économie nationale demeure largement tributaire des soubresauts du marché énergétique mondial. Une dépendance qui, malgré les discours récurrents sur la diversification économique, continue de structurer les équilibres du pays.
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