Trois pays, des systèmes d’alerte fragmentés et 91 millions de malades par an sur le continent : c’est dans ce contexte que Dakar accueille, jusqu’au 1er avril, un atelier de renforcement du réseau INFOSAN, financé par le Luxembourg et piloté par la FAO.
Des dizaines de personnes intoxiquées par de la mayonnaise contaminée au Sénégal, des alertes internationales concernant du lait infantile… Les crises alimentaires ne préviennent pas et ne s’arrêtent pas aux frontières.
C’est pour y répondre collectivement que des représentants du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal se retrouvent depuis ce lundi à Dakar dans le cadre d’un atelier du Comité de pilotage du Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN, sigle anglais) de l’OMS et de la FAO sur les risques sanitaires liés à l’alimentation. Trois jours de travaux pratiques sont prévus, avec l’appui d’experts internationaux.
Le docteur Mamadou Ndiaye, représentant la coordonnatrice du bureau sous-régional de la FAO, a rappelé en ouverture l’ampleur du problème. Selon des estimations de l’OMS datant de 2015, l’Afrique enregistre chaque année 91 millions de cas de maladies d’origine alimentaire pour 137 000 décès, soit un tiers de la mortalité mondiale dans ce domaine.
Plus frappant encore, le continent perd entre 5,7 % et 7,1 % d’années de vie en bonne santé à cause des diarrhées d’origine alimentaire ou hydrique, contre 4,1 % dans le reste du monde.
Les systèmes de contrôle nationaux peinent à y faire face. Le diagnostic dressé par la FAO pointe plusieurs failles structurelles communes aux trois pays : inspections insuffisantes, réglementation inadaptée aux risques émergents, prolifération de l’alimentation de rue sans encadrement sanitaire et faible information des consommateurs. À cela s’ajoute la mondialisation des échanges, qui multiplie les vecteurs de contamination potentielle.
De son côté, le professeur Amadou Diop, président du Comité national du Codex Alimentarius du Sénégal, a mis le doigt sur le nœud du problème : « La rapidité et l’efficacité de la circulation de l’information sont essentielles pour prévenir et gérer ces crises », a-t-il souligné.
Les incidents récents illustrent cette nécessité. Des cas d’intoxication à la mayonnaise contaminée ayant affecté plusieurs dizaines de personnes au Sénégal, ou encore des alertes concernant du lait infantile contaminé par des toxines bactériennes, ont mis en évidence les lacunes des mécanismes actuels de détection et de réponse.
L’atelier vise concrètement à améliorer la maîtrise des procédures de notification entre les États, à clarifier les rôles et responsabilités des différents acteurs impliqués et à renforcer la coordination entre les points focaux nationaux et sectoriels du réseau INFOSAN.
La communication sur les risques, souvent négligée dans la gestion des crises, figure également parmi les priorités des trois jours de travaux.
ARD/te/Sf/APA







