Les États-Unis ont mis fin à plusieurs décennies de soutien sanitaire au Zimbabwe après l’échec de négociations sur un nouvel accord de coopération, entraînant l’arrêt du financement de plusieurs programmes, notamment ceux consacrés à la lutte contre le VIH et les maladies infectieuses.
Plusieurs programmes ont été suspendus au Zimbabwe, en raison de l’arrêt du soutien sanitaire des les États-Unis. Les programmes qui concernent notamment la lutte contre le VIH et les maladies infectieuses bénéficieront d’une période de transition limitée afin de permettre une cessation ordonnée de leurs activités et le transfert de certaines opérations, selon un porte-parole du département d’État américain cité par The Washington Post.
La décision intervient après l’échec, en février, des négociations sur un accord quinquennal de 367 millions de dollars destiné à soutenir la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, ainsi que d’autres priorités sanitaires.
Au cours des discussions, Washington aurait proposé de conditionner une partie de son assistance à l’accès à certaines données médicales et biologiques détenues par les autorités zimbabwéennes, dans le cadre d’un dispositif plus large lié notamment à des intérêts stratégiques américains.
Des accords comportant des dispositions similaires auraient été conclus avec plus d’une trentaine de pays. Le Zimbabwe aurait toutefois refusé les conditions proposées, estimant notamment que les dispositions relatives aux données ne garantissaient pas au pays un retour suffisant sur les éventuelles avancées médicales issues de leur exploitation.
La proposition américaine prévoyait également, selon les mêmes sources, une diminution du financement par rapport aux engagements précédents, tout en demandant à Harare de plus que doubler ses dépenses nationales consacrées aux programmes concernés au cours des quatre prochaines années.
Le retrait américain suscite des inquiétudes dans le secteur sanitaire. L’organisation Health GAP, engagée dans la défense de l’accès aux traitements et à la prévention du VIH, affirme que les financements américains contribuaient notamment à la rémunération et à la formation d’environ 8 300 agents de santé et au fonctionnement des capacités de laboratoire et de surveillance épidémiologique dans près de 1 900 structures sanitaires.
Dans une lettre publiée la semaine dernière, son directeur exécutif a alerté sur les conséquences potentielles de la décision et appelé à des mesures d’urgence pour préserver les services essentiels, tout en plaidant pour une reprise des négociations.
Cette décision intervient dans le cadre de la réorientation de la politique américaine d’aide sanitaire internationale engagée sous l’administration du président Donald Trump, après d’importantes réductions budgétaires ayant affecté l’Agence américaine pour le développement international (USAID).
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré plus tôt ce mois-ci que l’administration entendait préserver les composantes jugées efficaces de l’aide sanitaire tout en réformant les programmes considérés comme inefficaces.
Les autorités zimbabwéennes ont, de leur côté, indiqué qu’elles comptaient renforcer les financements nationaux et mobiliser davantage de ressources auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme afin de limiter l’impact du retrait américain.
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