Aboutissement d’une offensive diplomatique continentale engagée depuis le sommet de l’UA en février, Accra dépose le 25 mars devant l’Assemblée générale des Nations Unies un texte inédit en 80 ans d’histoire onusienne, réclamant la reconnaissance formelle de l’esclavage comme le crime le plus grave jamais commis contre l’humanité.
Le Ghana franchit une étape majeure dans sa diplomatie des réparations. Le président John Dramani Mahama soumettra le 25 mars 2026 à l’Assemblée générale des Nations Unies un projet de résolution visant à reconnaître la traite transatlantique et l’asservissement racisé des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
Cette initiative s’inscrit dans une offensive diplomatique engagée depuis février, à la faveur du sommet de l’Union africaine (UA), où le chef de l’État ghanéen, désigné « champion de l’UA pour les réparations », avait annoncé ce dépôt à la date symbolique de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage. Adoptée par consensus au sein de l’UA, la résolution bénéficie d’un mandat continental.
Accra a également mené des consultations avec plusieurs blocs, dont le Mouvement des non-alignés et le Groupe des 77, ainsi qu’avec la CARICOM, afin de consolider un large soutien international.
Le texte repose sur trois axes : exactitude historique, fondement juridique et convergence entre l’Afrique et sa diaspora. Il s’appuie sur le droit international, qualifiant l’esclavage de norme impérative ne souffrant aucune dérogation. Il met en avant l’ampleur, la durée et les conséquences structurelles de ce crime sur les inégalités mondiales.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, le Ghana inscrit cette démarche dans une logique de réparations élargies, incluant restitution d’artefacts, révision du récit historique et reconnaissance des déséquilibres hérités. Accra estime que cette reconnaissance constitue un préalable à une meilleure prise en compte des asymétries économiques et financières globales.
Le président Mahama a souligné que la résolution ne cible aucun État, mais vise à promouvoir « vérité, reconnaissance et réconciliation ».
« L’adoption de cette résolution n’effacera pas l’histoire, mais elle la reconnaîtra », a-t-il déclaré.
En prélude au dépôt, une cérémonie est prévue le 24 mars à New York, suivie d’un événement de haut niveau sur la justice réparatrice. Le Ghana appelle l’ensemble des États membres de l’ONU à soutenir cette initiative, présentée comme un jalon dans la quête de justice historique.
AC/Sf/APA







