Au Caire, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a affirmé que l’Égypte n’était engagée dans « aucun contentieux » avec l’Éthiopie, tout en réitérant son exigence d’un accord juridiquement contraignant garantissant ses droits sur les eaux du Nil.
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé, samedi 20 décembre, la position officielle du Caire sur le différend lié au Grand Barrage de la Renaissance (GERD), lors d’une rencontre avec plusieurs ministres africains en marge de la deuxième édition du Forum de partenariat Russie-Afrique.
Selon un communiqué de la présidence égyptienne, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un accord juridique contraignant encadrant la gestion et le fonctionnement du barrage, afin de préserver les droits hydriques de l’Égypte.
« L’Égypte, malgré son différend avec l’Éthiopie, n’a jamais proféré de menaces à son égard », a déclaré Al-Sissi, ajoutant que son pays « n’a aucun contentieux avec ses frères éthiopiens ». Le président a souligné que la doctrine diplomatique égyptienne repose sur la non-ingérence, le rejet de toute déstabilisation régionale et la conviction que les différends se règlent exclusivement par le dialogue et les solutions politiques.
Évoquant le contexte continental, Al-Sissi a mis en avant l’importance des infrastructures comme socle de la stabilité et du développement en Afrique. Selon lui, des projets structurants et inclusifs contribuent à réduire les tensions, à prévenir les conflits et à soutenir une croissance durable. Il a, dans ce cadre, réaffirmé que les options militaires « ne constituent jamais une issue aux crises », plaidant pour des mécanismes de concertation et de coopération régionale.
La construction du barrage éthiopien, entamée en 2011 sur le Nil Bleu, a progressivement cristallisé les tensions entre l’Éthiopie, en amont, et l’Égypte ainsi que le Soudan, situés en aval. Depuis l’achèvement du projet sans consensus tripartite, Le Caire et Khartoum réclament un cadre contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage, afin de prévenir tout impact négatif sur leurs ressources hydriques.
Pour l’Égypte, la question est stratégique. Le pays dépend presque exclusivement du Nil, avec un quota annuel d’environ 55,5 milliards de mètres cubes, jugé insuffisant face à des besoins dépassant les 100 milliards de mètres cubes pour une population de plus de 100 millions d’habitants. Dans ce contexte, Le Caire considère le GERD comme un facteur de risque permanent, tout en continuant d’affirmer sa préférence pour un règlement négocié, fondé sur le droit international et la coopération entre États riverains.
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