Le ministre malien de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a reçu le 7 janvier à Bamako la chargée d’affaires de l’ambassade du Canada au Mali, Lee-Anne Herman. Les échanges ont porté sur la coopération éducative dans un contexte marqué par l’insécurité et la fermeture de nombreuses écoles.
Cette audience s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les autorités maliennes et les partenaires internationaux intervenant dans le secteur de l’éducation.
Selon les autorités maliennes, les discussions ont porté sur l’état des programmes éducatifs soutenus par le Canada et sur les priorités du secteur dans un environnement fortement affecté par l’insécurité.
En 2025, plus de 2 000 écoles étaient non fonctionnelles au Mali en raison des violences et des menaces, privant environ 610 000 élèves d’accès à la scolarité, principalement dans les régions du centre et du nord du pays, selon les données du Cluster Éducation.
Le Canada figure parmi les partenaires historiques du Mali dans le domaine du développement. Depuis le début des années 2000, son aide internationale au pays est estimée à plus de 1,8 milliard de dollars canadiens, incluant des investissements dans l’éducation, la santé et la gouvernance. Toutefois, dans le contexte politique actuel, le Canada a suspendu son soutien budgétaire direct à l’État malien.
Cette suspension n’a pas mis fin à l’engagement canadien dans les secteurs sociaux. L’aide humanitaire et les programmes de développement se poursuivent, principalement à travers des partenaires multilatéraux et des organisations non gouvernementales. Dans le domaine de l’éducation, cet appui se concentre notamment sur l’éducation en situation d’urgence, l’éducation non formelle pour les enfants déplacés ou déscolarisés, la formation des enseignants et la scolarisation des filles.
Le Canada intervient également en coordination avec des agences internationales telles que l’UNICEF, qui met en œuvre au Mali des programmes visant à maintenir un accès minimal à l’éducation dans les zones touchées par l’insécurité. Ces initiatives incluent des espaces temporaires d’apprentissage, des programmes de rattrapage scolaire et des mécanismes de réintégration des élèves lorsque les conditions de sécurité le permettent.
Outre les canaux multilatéraux, certaines organisations non gouvernementales canadiennes soutiennent des actions éducatives dans des contextes de crise, notamment à travers la fourniture de matériel scolaire, des formations à distance ou des appuis ciblés aux communautés affectées. Ces mécanismes permettent de maintenir des activités éducatives sans passer par un soutien financier direct aux autorités centrales.
Cette rencontre s’inscrit ainsi dans un cadre de suivi de la coopération éducative entre les deux pays, alors que le système scolaire malien reste confronté à des défis majeurs liés à l’insécurité, aux déplacements de populations et aux inégalités d’accès à l’éducation. Pour les acteurs du secteur, la coordination entre les autorités nationales et les partenaires internationaux demeure un levier essentiel pour limiter l’impact de la crise sur la scolarisation des enfants.
MD/Sf/APA







