La diplomate malienne Aïssata Gaye Traoré a pris ses fonctions de chargée d’affaires à l’ambassade du Mali en France, six ans après le départ du dernier ambassadeur malien accrédité à Paris, dans un contexte de relations bilatérales toujours tendues, mais marquées par le maintien des canaux diplomatiques.
Aïssata Gaye Traoré a officiellement pris ses fonctions lundi 12 octobre 2026, a annoncé l’ambassade du Mali à Paris.
Conseillère des Affaires étrangères, elle avait été nommée ministre-conseiller à l’ambassade du Mali en France lors du Conseil des ministres du 29 juillet 2026. Elle succède à Abdallah Ag Hama, qui dirigeait la représentation malienne en qualité de chargé d’affaires depuis 2020.
Le poste d’ambassadeur du Mali en France est vacant depuis le rappel de Toumani Djimé Diallo en février 2020, à la suite de propos tenus devant la commission de la Défense du Sénat français sur le comportement de militaires français au Mali.
La représentation française à Bamako fonctionne également sans ambassadeur. Elle est dirigée par Thibaut Fourrière, chargé d’affaires permanent, qui a été auditionné en mai dernier par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française sur la situation au Mali.
Les relations politiques entre Bamako et Paris se sont fortement dégradées à la suite des changements de pouvoir intervenus au Mali en 2020 et 2021. La coopération militaire française a pris fin en 2022, mais les deux ambassades sont restées ouvertes et les canaux diplomatiques ont été maintenus.
Un dossier sensible entre les deux capitales a connu un dénouement en août dernier avec la libération de Yann Vézilier, présenté comme un membre de l’ambassade de France à Bamako et un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Arrêté en août 2025, il avait été condamné en juin 2026 à vingt ans de réclusion pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État.
Le 13 août, le président malien, Assimi Goïta, lui a accordé une grâce assortie d’un éloignement immédiat du territoire malien. Paris a confirmé le lendemain son retour en France, après douze mois de détention.
La prise de fonctions d’Aïssata Gaye Traoré intervient ainsi dans un contexte où les relations diplomatiques entre Bamako et Paris sont maintenues, malgré l’absence d’ambassadeurs des deux pays.
MD/te/APA





