L’Eswatini a confirmé l’arrivée de dix ressortissants étrangers expulsés des Etats-Unis, intensifiant ainsi la surveillance d’un accord bilatéral controversé autorisant Washington à transférer des personnes condamnées vers ce royaume d’Afrique australe.
Selon les Services correctionnels de Sa Majesté (NCSM), les personnes expulsées – décrites par les autorités américaines comme des délinquants à haut risque originaires de pays tels que la Jamaïque, Cuba, le Laos, le Vietnam et le Yémen – ont été accueillies lundi et sont détenues dans un établissement sécurisé.
Le porte-parole du NCSM, Baphelele Kunene, a déclaré que les personnes étaient en bonne santé et suivaient les procédures d’admission, ajoutant qu’elles ne représentaient aucune menace immédiate pour la sécurité publique.
« Ces ressortissants ont été hébergés en toute sécurité dans l’un des établissements correctionnels du pays, tandis que le gouvernement continue de collaborer avec les acteurs locaux et internationaux concernés pour faciliter leur rapatriement en bonne et due forme », a déclaré M. Kunene dans un communiqué publié lundi soir.
Ces expulsions s’inscrivent dans une stratégie américaine plus large visant à relocaliser des détenus étrangers vers des pays tiers, souvent dans le cadre d’accords bilatéraux qui, selon ses détracteurs, manquent de contrôle public.
Dans le cas de l’Eswatini, l’accord permettrait d’expulser jusqu’à 160 personnes en échange de $5,1 millions destinés à renforcer les capacités de gestion des frontières et des migrations.
Des groupes de défense des droits humains affirment que l’accord a été signé sans l’approbation du Parlement, en violation de la Constitution de l’Eswatini.
Le gouvernement eswatini maintient cependant avoir agi dans le cadre de son mandat constitutionnel.
Le Premier ministre Russell Dlamini a déclaré que l’accord avait été traité au plus haut niveau, tandis que les responsables insistent sur le fait que les personnes expulsées sont détenues sous surveillance stricte et dans des conditions humaines.
L’Afrique du Sud voisine a exprimé ses inquiétudes quant aux risques transfrontaliers potentiels, compte tenu de la porosité de sa frontière avec l’Eswatini.
L’identité des personnes concernées n’a pas été révélée et le gouvernement n’a pas encore précisé le mécanisme juridique ni le calendrier de leur rapatriement vers leur pays d’origine.
JN/fss/Sf/APA







