Réunis à Tripoli, des experts algériens et libyens ont dressé un état des lieux exhaustif de la coopération, sans lever les doutes sur la portée concrète des engagements annoncés.
Des experts libyens et algériens ont tenu, les 28 et 29 janvier, des réunions techniques au siège du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale à Tripoli, en amont de la prochaine session du Haut Comité exécutif conjoint que doit accueillir l’Algérie. Présentées officiellement comme une étape préparatoire visant à « évaluer et renforcer » la coopération bilatérale, ces discussions s’inscrivent dans une longue série de mécanismes bilatéraux dont l’impact réel reste, jusqu’ici, difficile à mesurer.
Selon le ministère libyen des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, les échanges ont couvert « l’ensemble des domaines de coopération », avec un accent mis sur leur consolidation au service des intérêts des deux pays. Le discours institutionnel met en avant une volonté de rehausser les relations « au plus haut niveau ». Toutefois, cette rhétorique tranche avec la réalité d’une coopération souvent annoncée comme stratégique, mais rarement traduite par des projets structurants ou des résultats tangibles sur le terrain.
À l’issue des travaux, les deux parties ont signé des procès-verbaux détaillant des axes de coopération dans une liste particulièrement étendue de secteurs : économie, commerce, investissement, industrie, énergie, mines, agriculture, transports, éducation, sécurité, douanes ou encore tourisme. Cette approche exhaustive, régulièrement observée dans les cadres bilatéraux algériens, alimente les interrogations sur la hiérarchisation réelle des priorités et sur la capacité des administrations concernées à passer de l’énumération à l’exécution.
Du côté algérien, l’accent mis sur des cadres institutionnels lourds et des comités de haut niveau apparaît, une fois de plus, comme un substitut à des engagements chiffrés, des calendriers précis ou des mécanismes de suivi transparents. Pour la Libye, en pleine recomposition politique et institutionnelle, l’enjeu réside moins dans la multiplication d’accords de principe que dans l’obtention de partenariats opérationnels susceptibles d’accompagner la stabilisation économique et sécuritaire du pays.
En l’absence d’annonces concrètes ou de projets emblématiques, cette séquence préparatoire risque ainsi de s’inscrire dans la continuité d’une coopération algéro-libyenne largement déclarative. La prochaine réunion du Haut Comité exécutif conjoint, annoncée en Algérie, sera attendue au tournant : soit elle marque un infléchissement vers des engagements mesurables, soit elle confirmera les limites d’un partenariat davantage fondé sur l’affichage diplomatique que sur des réalisations effectives.
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