Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé, jeudi 1er octobre, la fermeture de l’ambassade d’Éthiopie à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens, sur fond de tensions croissantes entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique.
Dans un communiqué publié le même le 1er octobre 2026, annonçant l’expulsion de 10 diplomates érythréens et la fermeture de l’ambassade éthiopienne à Asmara, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a justifié ces mesures par des « actes directs et indirects d’hostilité et de belligérance » qu’il attribue à l’Érythrée à l’encontre de l’Éthiopie.
Les dix diplomates érythréens ont été déclarés personae non gratae et sommés de quitter le territoire éthiopien dans un délai de 48 heures. Selon le ministère, ils auraient mené des activités « constituant une menace directe pour la sécurité nationale » de l’Éthiopie, en violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.
Addis-Abeba a également appelé les autorités érythréennes à mettre fin à ce qu’il qualifie d’actions contraires aux principes régissant les relations entre États souverains.
Le ministère éthiopien des Affaires étrangères affirme toutefois rester attaché à ses « liens historiques et culturels, ainsi qu’aux liens entre les peuples » avec l’Érythrée, et dit privilégier la « coexistence pacifique, la stabilité régionale et l’intégration ».
Quelques heures après l’annonce éthiopienne, l’Érythrée a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie, selon plusieurs sources médiatiques. Cette décision intervient alors que les relations entre les deux pays sont marquées par de nouvelles tensions liées à la situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie.
L’Union africaine appelle à la désescalade
Dans un communiqué publié jeudi 1er octobre 2026, la Commission de l’Union africaine (UA) a indiqué suivre « avec préoccupation » l’évolution des tensions entre l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte.
L’organisation continentale appelle les trois États à faire preuve de « la plus grande retenue » et à éviter toute action ou déclaration susceptible d’aggraver les tensions et de compromettre la paix et la stabilité régionales.
L’UA souligne également l’importance de maintenir ouverts les « canaux de communication » et encourage les trois pays à régler leurs différends par les voies diplomatiques et le « dialogue pacifique », conformément aux principes de son Acte constitutif.
La Commission de l’UA se dit enfin prête à accompagner, en concertation avec les pays concernés, les efforts visant à favoriser la « désescalade », le dialogue et le règlement pacifique des différends.
Cette nouvelle crise diplomatique intervient alors que l’Union africaine avait déjà appelé, le 23 septembre 2026, à la « plus grande retenue » face à l’escalade militaire dans le nord de l’Éthiopie et à la reprise du dialogue dans le cadre de l’accord de Pretoria de 2022.
SS/te/Sf/APA





