Le Consortium des organisations de la société civile pour l’observation électorale (COSCEL-CI) a présenté dimanche, à Abidjan, son rapport préliminaire sur l’élection législative partielle tenue le 21 février 2026 à Toumodi, dans le centre ivoirien.
Si le déroulement technique de l’élection parlementaire partielle en Côte d’Ivoire est jugé satisfaisant, l’organisation appelle à un renforcement urgent du tissu social. Après l’invalidation du scrutin du 27 décembre 2025, les électeurs de Toumodi étaient de nouveau appelés aux urnes ce samedi 21 février 2026.
Pour suivre ce processus crucial, le COSCEL-CI, avec l’appui du National democratic institute (NDI), a déployé une équipe de 84 observateurs (dont 32 femmes) et 4 coordonnateurs mobiles, dûment accrédités par la Commission électorale indépendante (CEI).
Selon Drissa Soulama, coordonnateur du Consortium, les opérations de vote se sont déroulées dans des conditions de transparence notables. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 62 % des bureaux ont ouvert à l’heure, et la totalité était opérationnelle avant 10 h (GMT, heure locale).
Des tensions persistantes en fin de journée
Le respect des procédures a été rigoureux dans la quasi-totalité des centres visités. « L’urne a été montrée vide dans 98 % des bureaux et les vérifications d’identité ont été systématiques », a précisé M. Soulama. Selon ces observateurs, le dépouillement, jugé calme à 99 %, renforce la crédibilité du scrutin.
Cependant, la journée n’a pas été exempte de heurts. Si la matinée a été marquée par un climat serein, l’après-midi a vu monter une certaine tension. Le COSCEL-CI a répertorié 12 incidents, incluant des cas de refoulement d’observateurs et une altercation physique nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.
Au-delà de ces épisodes, le Consortium s’inquiète surtout de la « méfiance persistante » entre les acteurs politiques locaux. Le passif de la crise de 2020 et l’invalidation récente du premier scrutin pèsent encore lourdement sur les relations communautaires à Toumodi.
Les recommandations pour l’avenir
Face à ces fractures sociales, le COSCEL-CI estime que le défi majeur dépasse désormais le cadre électoral pour devenir un enjeu de cohésion nationale. Le Consortium a ainsi formulé plusieurs recommandations.
A l’endroit du gouvernement, le COSCEL-CI invite l’Etat à intensifier le dialogue social et à sécuriser davantage les lieux de vote pour prévenir toute future perturbation. Quant à la CEI, il l’appelle à renforcer la sensibilisation sur la gestion du fichier électoral et mieux former ses agents à l’acceptation de l’observation citoyenne.
Au niveau des partis politiques, le Consortium des organisations de la société civile pour l’observation électorale recommande une éducation des militants à la culture de la paix et à la lutte contre la désinformation et les discours de haine, particulièrement en ligne.
Tout en félicitant les acteurs politiques pour leur civisme global lors de cette journée, le COSCEL-CI exhorte les chefs coutumiers et religieux à travailler de concert avec la classe politique pour recoudre le tissu social à Toumodi.
AP/Sf/APA







