La deuxième édition de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat, un événement de grande envergure organisé par l’Autorité de la Mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), s’est ouverte ce mardi 20 octobre 2026.
La capitale économique ivoirienne est devenue le centre névralgique de la réflexion sur l’avenir de la mobilité durable et du climat. Réunissant plus de 1 200 participants venus de 40 pays, ce sommet, qui succède à l’édition de Dakar en 2022, se tiendra jusqu’au jeudi 22 octobre.
Le coup d’envoi des travaux a été marqué par une annonce majeure. Le ministre ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a indiqué que l’UE avait officialisé ce matin, lors du Forum d’Affaires, un don de 3 millions d’euros, soit 1,96 milliard de FCFA, en faveur de la Côte d’Ivoire.
Amadou Koné s’est réjoui de cette opportunité qui va permettre d’amorcer la redynamisation du transport lagunaire à Abidjan. À terme, ce projet d’envergure prévoit la construction de 13 gares lagunaires et l’acquisition de plusieurs dizaines de bateaux-bus.
Pour le ministre ivoirien des Transports, l’objectif est de rompre avec la simple juxtaposition des modes de déplacement pour bâtir un véritable réseau multimodal, interconnecté et intégré, au service des populations.
Urgence climatique : Abidjan cartographie sa pollution

Cette transformation s’inscrit dans la vision du « Grand Abidjan à l’horizon 2040 », visant une métropole plus multipolaire, connectée et résiliente, s’appuyant notamment sur le numérique pour réguler les flux de personnes et de marchandises.
Le ministre a également partagé une avancée technologique locale prometteuse : le développement réussi d’un biocarburant conçu à partir de rejets d’hévéa, testé avec succès sur des bus de la Société des transports abidjanais (Sotra).
Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a procédé à l’ouverture officielle des travaux en insistant sur l’urgence d’agir. Il a révélé les résultats alarmants de l’étude du Plan climat d’Abidjan : les transports sont responsables de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, à égalité avec les industries (25 %), suivis par les taxis (20 %) et les déchets urbains (15 %).
L’étude a également cartographié précisément les pics de pollution de l’air dans la métropole, mettant en évidence qu’ils surviennent principalement aux heures de pointe : entre 6h et 10h le matin, puis entre 18h et 20h le soir.
Face à ce constat, le chef du gouvernement a réaffirmé les ambitions de l’État : atteindre un taux de 45 % de mix énergétique d’ici 2030 en s’appuyant massivement sur l’électricité non polluante. Robert Mambé a également plaidé pour le renforcement des financements concessionnels pour soutenir ces chantiers vitaux.
Une ambition globale pour des villes accessibles

La transformation d’Abidjan suscite l’optimisme des observateurs internationaux. François Durovray, président de la CODATU (Coopération pour le développement et l’amélioration des transports urbains et périurbains), a salué les grands projets structurants de cette métropole.
Il a énuméré le futur Métro d’Abidjan, le réseau de bus à haut niveau de service (BRT) et le déploiement lagunaire. Selon lui, la complexité du monde actuel doit pousser à revendiquer une approche inclusive pour « rendre les villes accessibles à tous, notamment aux plus fragiles ».
Rappelant la dimension internationale de ces enjeux, le sénateur français Ronan Dantec, président de Climate Change, a exhorté à une relance immédiate des négociations mondiales sur la réduction des gaz à effet de serre, un sujet qui s’imposera comme la priorité absolue de la prochaine COP en Turquie.
AP/APA





