À l’occasion du Forum d’affaires UE-régional, experts et décideurs se sont réunis ce mardi 31 mars 2026 à Abidjan. Au cœur des échanges : la transformation des corridors de transport en véritables leviers de développement économique et durable pour l’Afrique de l’Ouest.
L’Afrique de l’Ouest fait face à une mutation urbaine sans précédent. De Dakar à Lagos, en passant par Abidjan et Accra, l’explosion démographique et l’intensification des échanges économiques redéfinissent la géographie régionale.
Cependant, cette dynamique se heurte à un défi majeur : l’inefficacité des systèmes de transport. Les experts ont échangé autour du thème « Quel modèle de corridor pour renforcer l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest ? », lors du Forum d’affaires UE-régional corridors de l’Afrique de l’Ouest.
Abdoulaye Alliagui, directeur de cabinet adjoint, représentant du ministre ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, a dressé un constat sans appel. Les embouteillages chroniques et la fragmentation des modes de transport dégradent non seulement la qualité de vie des populations, mais pèsent également sur l’économie.
« Ces inefficacités induisent des coûts de déplacement élevés pour les plus pauvres, des temps de trajet de plus en plus longs et des problèmes de santé publique liés à la pollution », a souligné le directeur de cabinet adjoint du ministre des Transports.
Au-delà du volet social, c’est l’attractivité même des métropoles qui est menacée par la réduction de la productivité des entreprises et l’impact écologique d’un parc automobile vieillissant, a mentionné Abdoulaye Alliagui.
Pour sortir de l’impasse, les experts préconisent une évolution vers des modèles de gouvernance intégrés. Les exemples de la « Lamata » à Lagos ou de l’« Amuga » à Abidjan montrent la voie : il faut désormais articuler planification urbaine, logistique et transports sur le long terme.
Abdoulaye Alliagui a ajouté que la solution passera par deux leviers stratégiques, notamment la promotion des solutions bas carbone, les énergies renouvelables et les transports alternatifs pour éviter la fragmentation technologique, ainsi que la digitalisation.
Concernant la digitalisation, le représentant du ministre des Transports, a appelé à développer des plateformes interopérables (billettique unique, information voyageurs en temps réel) pour garantir des déplacements « sans couture » à l’échelle des villes et des frontières.
Le panel a été unanime : l’infrastructure seule ne suffit pas. L’intégration régionale exige un engagement politique continu pour lever les barrières non tarifaires. Les intervenants ont plaidé pour une gestion intégrée des frontières et une harmonisation des procédures de contrôle.
L’enjeu des prochaines années sera de transformer ces corridors en espaces fluides et sécurisés, capables de soutenir l’émergence d’un marché commun ouest-africain dynamique et résilient. Le forum qui se tient du 30 mars au 1er avril 2026, vise à mobiliser des investissements sur les corridors stratégiques de l’Afrique de l’Ouest.
AP/Sf/APA





