Les dirigeants du Groupe Bank Of Africa (BOA) ont présenté, ce jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, des résultats annuels historiques. Pour la première fois, la capitalisation boursière cumulée des six filiales du groupe, cotées à la BRVM, a franchi le seuil symbolique des 1 000 milliards de FCFA.
L’année 2025 restera gravée dans les annales de la Bank Of Africa. Dans un marché boursier régional en pleine effervescence, l’indice BRVM Composite ayant atteint un record historique avec 4 200 milliards de FCFA mobilisés (+25,3 %), le groupe BOA tire largement son épingle du jeu.
La masse bénéficiaire cumulée des six filiales (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal) s’est établie à 108,3 milliards de FCFA en 2025. Si ce chiffre affiche une stabilité apparente (+0,1 %), il cache des performances contrastées selon les zones géographiques.
Le moteur de la croissance est porté par quatre filiales dynamiques : BOA Mali (+21,5 %), BOA Côte d’Ivoire (+10,9 %), BOA Sénégal (+9,6 %) et BOA Bénin (+2,3 %), contre deux filiales en repli, évoluant dans un environnement opérationnel complexe.
Les filiales du Burkina Faso (-14 %) et du Niger (-92 %) accusent notamment un repli dû aux tensions macroéconomiques et sécuritaires régionales. Toutefois, hors ces deux pays de l’espace UEMOA, le résultat net global du pôle coté a progressé de 9,7 %.

Fidèle à sa réputation de valeur de rendement, le groupe BOA va distribuer un dividende brut cumulé de 99 milliards de FCFA pour l’exercice 2025, soit une hausse de 12,4 %. Les rendements proposés aux actionnaires, oscillant entre 8,2 % et 12,1 %, se situent bien au-dessus de la moyenne du marché (5,7 %).
La filiale nigérienne, éprouvée par les sanctions de la CEDEAO et le ralentissement économique, ne distribuera pas de dividende cette année. Mactar Diack, directeur général de BOA Niger, s’est toutefois montré rassurant : « Pour le 1er trimestre 2026, on connaît une bonne trajectoire. On est en phase avec les objectifs ».
Avec une croissance du PIB soutenue, entre 6,5 % et 7,8 % dans les pays de présence, le groupe BOA aborde 2026 avec confiance. Laura Tran Duc Minh, directrice des Participations, et les directeurs généraux des filiales ont réaffirmé leur volonté de maintenir le cap sur la rentabilité et la solvabilité, consolidant ainsi la position de leader du groupe sur la place financière régionale.
Laura Tran Duc Minh, a indiqué qu’au Bénin, la filiale a « grâce à sa solvabilité, versé plus que son résultat depuis plusieurs années ». Pour l’exercice 2025, ce taux atteint 124 % du bénéfice net : un dividende global de 25 milliards FCFA sera ainsi proposé à l’Assemblée générale.
« BOA Burkina Faso affiche une performance globale attractive, en ligne avec le marché. Elle est soutenue par un rendement de dividende deux fois supérieur à la moyenne, portant la performance totale à 35,7 % », a-t-elle précisé.

Elle a, par ailleurs, relevé que l’Assemblée générale ordinaire (AGO) du 23 mars 2026 a voté un dividende brut de près de 20 milliards FCFA (soit 104 % du résultat net), correspondant à 454 FCFA par action. La mise en paiement est prévue à compter du 23 avril 2026.
Concernant BOA Mali, Laura Tran a rappelé que, malgré « des contraintes sécuritaires, des aléas climatiques » et des perturbations dans l’approvisionnement en hydrocarbures, « la photographie globale de la banque demeure bonne ».
Poursuivant son exposé, elle a souligné que BOA Sénégal a voté, lors de son AGO du 7 avril 2026, un dividende brut de 18 milliards FCFA, soit 500 FCFA par action (+29 %). Le paiement interviendra à partir du 1er juin 2026.
Sadio Cissé, directeur général de BOA Sénégal, a assuré que l’établissement, qui dispose du deuxième plus vaste réseau du pays, maintiendra le cap sur ses indicateurs de rentabilité, notamment concernant les produits de l’emprunt.
La filiale ivoirienne a, quant à elle, enregistré un Produit net bancaire (PNB) de 73 milliards FCFA en 2025 (+1,1 %) contre 72,2 milliards en 2024. L’Assemblée générale du 15 avril a adopté un dividende de 27 milliards FCFA, soit 676 FCFA par action (+30 %), dont le paiement est prévu pour début mai.
AP/Sf/APA







