Depuis janvier 2025, la recrudescence des violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, aggravant la crise humanitaire. Ce jeudi, Bintou Keita, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a exhorté le Conseil de sécurité à concentrer « tous les efforts vers un cessez-le-feu inconditionnel ».
Elle a rappelé que, malgré d’importantes initiatives régionales et internationales, l’appel à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel lancé par la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’Union africaine et la résolution 2773 du Conseil de sécurité n’a toujours pas abouti. « Il est impératif que toutes les parties respectent leur engagement à faire taire les armes et à rechercher une solution pacifique », a-t-elle insisté.
La situation sécuritaire demeure critique avec l’expansion du Mouvement du 23 mars (M23) et de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. « Aujourd’hui, l’AFC/M23 contrôle de vastes zones de ces provinces et menace de s’étendre vers la Tshopo et le Maniema », a-t-elle alerté. Ces groupes armés ont mis en place une administration parallèle, désignant leurs propres responsables et exploitant illégalement les ressources naturelles.
En Ituri, les affrontements entre la CODECO et les groupes armés zaïrois s’intensifient, ciblant les populations civiles et les camps de déplacés. Bintou Keita a également mis en garde contre « la création d’un nouveau mouvement politico-militaire, la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigé par Thomas Lubanga, ancien condamné par la Cour pénale internationale ».
Malgré les restrictions, la MONUSCO demeure « pleinement engagée à remplir son mandat » pour la protection des civils. « Nous avons renforcé notre coopération avec les autorités locales, notamment par des patrouilles conjointes pour limiter la criminalité armée », a-t-elle souligné.
Face à une crise humanitaire grandissante, elle a dénoncé « l’impact de la fermeture prolongée des aéroports de Goma et de Kavumu, qui entrave l’acheminement de l’aide ». Enfin, elle a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes contre les auteurs de violations des droits humains et à rouvrir ces infrastructures essentielles pour faciliter l’aide humanitaire et la rotation des troupes de la MONUSCO.
SS/te/APA