Des agriculteurs commerciaux blancs zimbabwéens, expropriés lors du programme de réforme agraire accélérée des années 2000, ont engagé des lobbyistes à Washington, proches de l’administration Trump, pour obtenir le soutien des États-Unis à un accord d’indemnisation de 3,5 milliards de dollars avec le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa, longtemps retardé.
Des agriculteurs blancs zimbabwéens réclament des compensations pour les infrastructures et améliorations réalisées sur leurs anciennes terres. En 2020, Mnangagwa avait promis de respecter cet accord afin de restaurer les relations avec les pays occidentaux, mais la dette publique du Zimbabwe, évaluée à 23 milliards de dollars, bloque le paiement.
Dans un compromis introduit l’an dernier, les signataires ont reçu 1 % de leurs droits immédiatement, le reste devant être versé sous forme d’obligations du Trésor à dix ans à 2 % d’intérêt. Mais seulement 17 % des agriculteurs ont accepté l’offre, beaucoup doutant de la capacité du gouvernement à honorer ses engagements.
Des activités de lobbying pour un soutien desEtats-Unis ont été révélées par Mercury Public Affairs LLC, mandatée par OB Projects Management, une société sud-africaine. Selon les documents déposés auprès du Département de la Justice américain, Mercury doit plaider gratuitement auprès de la Maison Blanche et du Congrès pour obtenir le versement des 3,5 milliards de dollars restants, possiblement via un allègement de la dette ou des financements internationaux, comme ceux de la Banque mondiale, ce qui nécessiterait une modification de la législation américaine.
La loi ZIDERA, promulguée en 2001 pour sanctionner les expropriations foncières, interdit tout nouvel allègement de dette ou prêt au Zimbabwe. Un nouveau projet de loi, présenté au Congrès l’an dernier, propose de l’abroger, mais conditionne tout financement international au règlement de l’indemnisation des agriculteurs dans un délai de 12 mois.
Cette initiative a divisé le monde agricole : certains groupes, comme la Property and Farms Compensation Association, reconnaissent avoir sollicité des firmes américaines, tandis que la Commercial Farmers Union, la plus importante, se tient à l’écart, n’ayant pas été consultée. D’autres craignent que l’implication de lobbyistes proches de Trump ne détériore davantage les relations déjà tendues entre Harare et Washington.
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