Le Conseil des ministres malien du 18 mars 2026 a adopté des textes portant création de l’Office malien des substances précieuses. Cette nouvelle structure vise à encadrer la commercialisation de l’or issu de l’orpaillage et des petites mines.
Le gouvernement malien a officialisé la mise en place de l’Office malien des substances précieuses dans un contexte marqué par l’importance stratégique du secteur aurifère dans l’économie nationale. L’or représente près de 85 % des exportations du pays et constitue une source majeure de recettes publiques et de devises.
En 2025, la production aurifère nationale a atteint 75,2 tonnes, en hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. L’orpaillage et les petites mines ont contribué à hauteur de 7,1 tonnes, soit une progression de 18 %, confirmant le poids croissant de ce segment dans la production globale. Ce sous-secteur mobilise environ 500 000 personnes, principalement dans l’économie informelle.
Malgré ces niveaux de production, des écarts persistent entre les volumes officiellement déclarés et ceux observés sur les marchés internationaux. Les exportations enregistrées s’élèvent à environ 65 tonnes, tandis que certaines estimations, notamment à partir des données d’importation des Émirats arabes unis, évoquent des volumes proches de 85 tonnes. Cet écart représente plusieurs centaines de milliards de francs CFA de ressources non captées.
La création de l’Office s’inscrit dans le prolongement des réformes introduites par le Code minier de 2023, qui a renforcé la participation de l’État dans les projets miniers à hauteur de 35 %. Elle intervient également après la mise en place de la Société de patrimoine minier du Mali (Sopamim S.A.), chargée de la gestion des actifs du secteur.
Selon les autorités, ce nouvel instrument aura pour mission d’organiser, de sécuriser et de centraliser la commercialisation des substances précieuses, notamment l’or. Il devra également contribuer à une meilleure traçabilité des flux et à l’alignement des statistiques nationales avec les volumes effectivement commercialisés.
Le secteur aurifère contribue désormais à plus de 10 % du produit intérieur brut, contre 9,2 % en 2022, et a généré environ 850 milliards de francs CFA de recettes en 2025. Cette évolution intervient alors que les autorités multiplient les réformes pour mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles et en sécuriser les retombées économiques.
MD/te/Sf/APA







