Plus de 70% des personnes touchées par les conflits dans le monde vivent en Afrique, selon un rapport de la Banque mondiale qui alerte sur la progression rapide de l’extrême pauvreté dans 39 économies en proie à l’instabilité.
Un communiqué de la Banque mondiale parvenu ce mardi à APA révèle une situation alarmante concernant l’évolution de l’extrême pauvreté dans les pays touchés par les conflits et l’instabilité.
Selon cette première évaluation complète post-COVID de la Banque mondiale publiée le 27 juin 2025, l’extrême pauvreté progresse rapidement dans 39 économies mondiales affectées par les conflits et l’instabilité, aggravant considérablement l’insécurité alimentaire et compromettant l’atteinte des objectifs clés de développement.
Le document révèle qu’en 2025, les économies en proie aux conflits concentrent 421 millions de personnes vivant avec moins de 3 dollars par jour, soit plus que toutes les autres économies réunies. Ce chiffre devrait atteindre 435 millions d’ici 2030, représentant près de 60 % de la population mondiale en situation d’extrême pauvreté.
Depuis 2020, le PIB par habitant de ces économies fragiles a reculé de 1,8 % par an en moyenne, tandis qu’il progressait de 2,9 % dans les autres économies en développement. Le taux d’extrême pauvreté y avoisine 40 %, contre seulement 6 % dans l’ensemble des économies en développement.
L’Afrique particulièrement touchée
« Plus de 70 % des personnes dans le monde qui souffrent des conflits vivent en Afrique », souligne Indermit Gill, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale, cité dans le communiqué. Il précise que « la moitié des pays touchés aujourd’hui par des conflits ou l’instabilité le sont déjà depuis 15 ans, voire plus. »
Les répercussions sur le développement humain sont dramatiques : l’espérance de vie est de 64 ans en moyenne dans ces pays, soit 7 ans de moins que dans les autres économies en développement.
Les taux de mortalité infantile sont plus de deux fois plus élevés, et 18 % de la population souffre d’insécurité alimentaire aiguë, soit 18 fois plus que la moyenne des autres économies en développement).
Des opportunités malgré les défis
Malgré cette situation critique, le rapport identifie des atouts potentiels : ces économies tirent en moyenne plus de 13 % de leur PIB des ressources naturelles. Cela représente trois fois plus que les autres économies en développement. Elles disposent également d’une population jeune en expansion qui pourrait constituer un « dividende démographique » si les investissements adéquats sont réalisés.
La Banque mondiale appelle à un renforcement du soutien international et à la mise en place de politiques ciblées pour prévenir les conflits, améliorer la gouvernance et relancer la croissance dans ces régions.
ARD/te/Sf/APA







