L’État du Sénégal a lancé son deuxième Appel public à l’épargne (APE) de l’année 2026, avec un objectif de mobilisation de 200 milliards de FCFA, dans un contexte marqué par d’importants besoins de financement budgétaire et par les efforts engagés pour renforcer la gestion des finances publiques et de la dette.
L’opération, ouverte du 17 septembre au 8 octobre 2026, est structurée autour de quatre émissions obligataires d’une maturité comprise entre trois et dix ans. La première tranche porte sur 50 milliards de FCFA à un taux de 6,40 % sur trois ans, la deuxième sur 70 milliards à 6,60 % sur cinq ans, la troisième sur 50 milliards à 6,75 % sur sept ans et la quatrième sur 30 milliards à 6,95 % sur dix ans.
L’opération est arrangée par Invictus Capital & Finance, en qualité d’arrangeur et chef de file, avec CGF Bourse comme co-chef de file. Le ministère des Finances et du Budget indique que les ressources mobilisées contribueront à couvrir les besoins de financement de l’exercice 2026, notamment les dépenses d’investissement et les actions prioritaires.
Cette nouvelle levée intervient après le premier APE de l’année, lancé en février et clôturé en mars. Celui-ci avait permis au Sénégal de mobiliser 304,15 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 200 milliards, soit un taux de couverture de 152 %. Les quatre maturités proposées étaient également comprises entre trois et dix ans, avec des taux allant de 6,40 % à 6,95 %.
Le recours au marché financier régional constitue ainsi l’un des instruments utilisés par l’État pour répondre à ses besoins de trésorerie et financer l’exécution de son budget. La Loi de finances initiale pour 2026 autorise 6 075,27 milliards de FCFA de ressources de trésorerie, constituées notamment des produits d’emprunts à court, moyen et long termes, avec un plafond de variation nette de l’encours des emprunts à moyen et long termes fixé à 1 767,86 milliards de FCFA.
Selon les données du portail investisseurs du ministère des Finances et du Budget, les besoins de financement de l’État sont évalués à 6 075,2 milliards de FCFA en 2026, tandis que le service de la dette atteint 5 497,9 milliards de FCFA. Le déficit budgétaire est, pour sa part, affiché à 1 245,1 milliards de FCFA, soit 5,37 % du PIB.
Le lancement de ce deuxième APE intervient par ailleurs alors que le Sénégal mène des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) autour d’un nouveau programme. Le 1er septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques pouvant soutenir un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, sous réserve de l’approbation des instances compétentes du Fonds.
Le FMI souligne que le programme envisagé vise notamment à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à renforcer la mobilisation des recettes intérieures et à améliorer la gestion des finances publiques. Les autorités sénégalaises ont également annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de contribuer à rétablir sa viabilité.
À travers ce nouvel appel à l’épargne, l’État poursuit donc sa mobilisation de ressources sur le marché financier régional, en sollicitant à la fois les investisseurs institutionnels et l’épargne disponible pour accompagner le financement des priorités publiques en 2026.
TE/APA





