Le déficit d’accompagnement constitue l’un des principaux freins à l’émergence de projets entrepreneuriaux en Afrique, ont souligné samedi à Dakar plusieurs intervenants lors de la Masterclass « Richesses d’Afrique » organisée par le Diambilay Business Center (DBC). Ils ont plaidé pour une meilleure structuration des idées et un encadrement adapté des jeunes porteurs de projets.
Le constat est unanime : l’Afrique regorge d’idées entrepreneuriales, mais manque encore de dispositifs d’accompagnement adaptés pour les transformer en entreprises durables. « Les gens sont inspirés, mais ils ne sont pas accompagnés », a résumé le Dr Jean-Clément Diambilay, fondateur du DBC.
Pour répondre à cette réalité, un programme d’incubation de quatre mois a été lancé. Il vise à accompagner les participants « de l’idée à l’entreprise », à travers une approche articulée autour de la formation, du mentorat, de la mise en réseau et de l’accès au financement. Les bénéficiaires travaillent directement sur leurs propres projets, avec un suivi hebdomadaire assuré par des coachs expérimentés.
Au-delà des outils proposés, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de changer de posture. « Une idée ne vaut rien sans structure », a rappelé M. Diambilay, invitant les jeunes à dépasser l’attachement émotionnel à leurs projets pour construire des modèles solides et crédibles.
Les investisseurs présents ont, de leur côté, clarifié leurs attentes : discipline, clarté et rigueur priment sur l’enthousiasme seul. Ils ont également souligné leur volonté d’accompagner des profils encore en phase de démarrage, à condition que les projets soient portés par des entrepreneurs préparés et capables de convaincre.
Jacqueline Fatima Bocoum, de l’Agence pour la promotion de l’investissement et des grands travaux du Sénégal (APIX), a rappelé que le rôle de l’État est avant tout de créer un environnement favorable à l’initiative privée.
Elle a salué l’émergence d’un écosystème entrepreneurial dynamique au pays de la Teranga, tout en pointant les défis persistants, notamment liés à l’informel et au manque de structuration des entreprises.
De son côté, Philippe Simo, promoteur de Back to Africa, a invité les jeunes à porter un regard nouveau sur les opportunités locales. Des secteurs comme la transformation alimentaire, les services ou encore les solutions adaptées aux besoins quotidiens ont été cités comme des gisements encore sous-exploités.
La question du financement a également été abordée, avec des opportunités d’investissement allant de 5 à 50 millions de francs CFA par projet pour les initiatives jugées solides, à condition de présenter des dossiers structurés et convaincants.
Au fil des échanges, une autre dimension a émergé : celle des comportements et des habitudes personnelles. Gestion des revenus, discipline financière, capacité à s’entourer et à construire un réseau ont été présentées comme des facteurs déterminants dans la réussite entrepreneuriale.
« Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin », a résumé le fondateur du DBC, insistant sur l’importance des collaborations et des synergies.
ARD/te/Sf/APA







