Le président de la Transition malien, Assimi Goïta, a reçu ce vendredi 24 octobre une délégation russe, en présence de son ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et du ministre des Mines, Amadou Keïta.
Les échanges entre les autorités maliennes et la délégation russe en visite à Bamako ont porté sur la fourniture de produits pétroliers et le développement du secteur minier, dans le cadre du partenariat stratégique entre le Mali et la Russie.
Selon Alexey Koylikov, directeur des relations internationales à la Direction panafricaine de la Russie, les discussions prévoient une livraison mensuelle comprise entre 160 000 et 200 000 tonnes de produits pétroliers destinés au marché malien.
Cet approvisionnement vise à soutenir une économie durement touchée par la pénurie de carburant qui sévit depuis la mi-septembre, après plusieurs attaques contre des camions-citernes sur les principaux corridors d’importation. À Bamako, la capitale, le ravitaillement reste très limité et les stations-service fonctionnent à capacité réduite.
De son côté, Simyon, représentant de Sorem-Mali SA, a indiqué que le projet de raffinerie d’or mené en partenariat avec des entreprises russes progresse conformément au calendrier établi.
Deux réunions préparatoires ont déjà eu lieu avec les nouveaux administrateurs désignés par l’État malien, et un premier conseil d’administration officiel est prévu pour novembre. La future raffinerie, majoritairement détenue par le Mali, affichera une capacité annuelle de traitement de 200 tonnes d’or, selon les estimations des autorités minières.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du rapprochement stratégique entre le Mali et la Russie, amorcé en 2023 et étendu en 2025 aux secteurs économique, agricole et énergétique.
Pour Moscou, il s’agit de renforcer sa présence sur le continent africain à la suite du sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg. Pour Bamako, ce partenariat représente une étape cruciale vers la réduction de sa dépendance aux importations en provenance de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui couvrent actuellement plus de 90 % de ses besoins en hydrocarbures.
Le renforcement de cette coopération intervient alors que le pays traverse l’une des pires crises énergétiques de la décennie. Les attaques du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ont provoqué la destruction ou le blocage de nombreux camions-citernes, entraînant un effondrement de la distribution et une flambée des prix du transport et des denrées.
Dans ce contexte, le partenariat russo-malien apparaît comme une réponse stratégique pour sécuriser l’approvisionnement énergétique et consolider les capacités nationales dans les secteurs clés de l’énergie et des ressources naturelles.
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