Réunis à Abidjan, des décideurs publics et des acteurs financiers du continent ont validé une feuille de route destinée à mieux orienter les ressources locales vers l’investissement, avec pour objectif de renforcer l’autonomie financière de l’Afrique face à ses besoins croissants.
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, ce lundi, de nouvelles orientations pour la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), à l’issue d’un dialogue consultatif tenu à Abidjan et sanctionné par l’adoption d’un « Consensus d’Abidjan » en 11 points.
Cette initiative vise à accélérer la mobilisation des ressources africaines afin de combler un déficit annuel de financement du développement estimé à 400 milliards de dollars.
Au cœur des nouvelles priorités figure la volonté de capter davantage l’épargne intérieure du continent, estimée à environ 4 000 milliards de dollars à moyen et long termes, afin de la réorienter vers des investissements productifs en Afrique.
Les participants se sont également engagés à instaurer un mécanisme de coordination permanente ainsi que des évaluations annuelles pour suivre la mise en œuvre des réformes décidées.
La NAFAD entend mettre en place une architecture opérationnelle durable, centrée sur la mobilisation des capitaux, la réduction des risques et la création de nouveaux instruments financiers adaptés aux réalités africaines.
Neuf ateliers thématiques ont réuni des gouverneurs de banques centrales, des responsables de fonds souverains, des banques régionales, des banques commerciales et des institutions de développement afin de réfléchir aux leviers concrets de transformation du financement du continent.
Le président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, a estimé que « l’architecture actuelle du financement du développement de l’Afrique est inadéquate et inadaptée », soulignant que le continent ne manque pas de capitaux, mais de mécanismes efficaces pour les mobiliser.
Il a salué un « moment historique », affirmant que le Consensus d’Abidjan « redéfinit l’avenir du financement sur notre continent ».
Le dialogue, placé sous le patronage du président ivoirien Alassane Ouattara, marque ainsi le lancement ambitieux d’une réforme que la BAD présente comme un pilier de sa stratégie pour renforcer la souveraineté financière de l’Afrique et financer sa transformation structurelle.
ARD/te/Sf/APA







