La coopération entre Alger et Londres s’affiche à l’occasion du salon IFE, malgré des incertitudes structurelles sur l’export à lever les obstacles opérationnels et à inscrire ces initiatives dans une trajectoire industrielle cohérente.
Une rencontre entre opérateurs économiques algériens et britanniques s’est tenue à Londres en marge du Salon international de l’alimentation (IFE), organisé du 30 mars au 1er avril, selon des sources diplomatiques algériennes. L’événement, initié par l’ambassade d’Algérie au Royaume-Uni, a réuni près de 150 professionnels du secteur agroalimentaire, dont une vingtaine d’entreprises algériennes publiques et privées, autour du slogan «Algeria Agrifood Business».
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie officielle de diversification économique mise en avant par Alger, qui accorde une place centrale à l’agriculture et à l’agroalimentaire. L’ambassadeur d’Algérie à Londres, Nourredine Yazid, a rappelé que ce secteur représente «près de 19% du PIB hors hydrocarbures». Il a également mis en avant les programmes publics visant la modernisation agricole, notamment l’extension des surfaces irriguées, la gestion des ressources hydriques et la numérisation des chaînes de valeur.
Dans le prolongement de ces ambitions, la rencontre a permis la signature d’un mémorandum d’entente entre la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) et la Chambre de commerce de Londres. Les autorités britanniques, représentées notamment par l’envoyée commerciale Yasmin Qureshi, ont exprimé leur intérêt pour plusieurs segments, dont l’agriculture, l’industrie et les mines, tout en affichant leur volonté de faciliter les échanges bilatéraux.
Sur le plan sectoriel, plusieurs entreprises algériennes ont présenté des produits agroalimentaires, notamment des dattes, de l’huile d’olive et des produits du terroir, avec à la clé certains accords d’exportation annoncés. Ces performances traduisent une montée en gamme partielle de l’offre nationale, soutenue par des efforts de structuration des filières et d’amélioration de la qualité.
Cependant, derrière cette dynamique diplomatique et commerciale, des interrogations persistent quant à la capacité du secteur à s’inscrire durablement sur les marchés internationaux. L’absence de données consolidées sur les volumes exportés, la compétitivité logistique ou les normes d’accès aux marchés européens limite l’évaluation réelle de ces avancées. Les défis liés à la chaîne de valeur, à la transformation industrielle et à la régularité de l’offre restent déterminants.
Au-delà des annonces, ce rapprochement illustre une volonté politique d’ouverture économique, tout en mettant en évidence un décalage récurrent entre ambitions affichées et structuration effective du tissu exportateur. La concrétisation de ces partenariats dépendra ainsi de la capacité à lever les obstacles opérationnels et à inscrire ces initiatives dans une trajectoire industrielle cohérente.
MK/AK/Sf/APA






