L’Association des juristes sénégalaises (AJS) et Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) appellent à l’élaboration de directives régionales pour lutter contre les pratiques coutumières et traditionalistes qui limitent les droits économiques et sociaux des femmes en Afrique, selon une déclaration présentée à la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Présentée par Ndèye Fatou San2 Bodian devant le Groupe de travail sur les droits économiques, sociaux et culturels (DESC), cette initiative vise à mieux documenter les discriminations liées à certaines pratiques et à proposer aux États africains des mesures concrètes pour les combattre.
Les deux organisations souhaitent confier au Groupe de travail sur les DESC, en collaboration avec la Rapporteuse spéciale sur les droits de la femme en Afrique, la réalisation d’une étude régionale sur les conséquences de ces pratiques sur les droits des femmes, suivie de l’élaboration de lignes directrices.
Le plaidoyer s’inscrit dans la continuité des démarches engagées lors de la 87e session de la Commission. Il met notamment l’accent sur les obstacles à l’accès des femmes à la terre, aux ressources productives, à la protection sociale et aux soins de santé.
Les travaux menés avec des partenaires du Bénin, du Burkina Faso et du Mali ont également révélé la persistance d’entraves juridiques, coutumières et socioculturelles, malgré des réalités différentes selon les pays.
Pour l’AJS et ASF Canada, une approche régionale permettrait d’identifier les difficultés communes et d’aider les États à mieux intégrer les droits économiques et sociaux des femmes dans leurs politiques publiques et leurs stratégies nationales de développement.
Les deux organisations ont par ailleurs salué l’étude du Groupe de travail sur l’intégration des droits économiques, sociaux et culturels dans les plans nationaux de développement en Afrique, à laquelle elles ont contribué à partir de l’expérience sénégalaise.
Elles invitent ainsi la Commission africaine à examiner un projet de résolution sur les pratiques coutumières et traditionalistes affectant les droits des femmes, en vue de son adoption. Cette démarche vise à renforcer les mécanismes régionaux de protection et à favoriser une meilleure application des engagements des États en matière d’égalité et de droits fondamentaux.
TE/APA





