Le Royaume du Maroc a souligné, dimanche 18 octobre à Bagdad, que le règlement des crises régionales ne saurait reposer sur une logique d’escalade et de confrontation, mais doit se faire dans le cadre du respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale des États.
Cette position du Royaume du Maroc a été exprimée lors des travaux de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) tenue à Baghdâd en Irak.
Le Royaume a, dans ce cadre, réitéré sa condamnation des agressions ayant visé des pays membres de l’Organisation, les qualifiant de violations flagrantes de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale, ainsi que de la Charte des Nations Unies, du droit international et des principes de bon voisinage.
À cette occasion, l’ambassadeur, directeur général des Affaires politiques internationales au ministère marocain des Affaires étrangères, Fouad Yazourh, a réaffirmé la solidarité du Royaume du Maroc avec les pays frères ayant subi ces violations.
De même, Maroc a renouvelé son rejet des agressions inacceptables perpétrées contre le Royaume d’Arabie saoudite, notamment celles ayant ciblé les Lieux saints et les infrastructures essentielles, en violation flagrante du droit international.
Dans son allocution Yazourh a affirmé que la question palestinienne et Al-Qods Acharif demeurent au premier rang des priorités de la politique étrangère du Royaume du Maroc, menée sous le leadership du roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods.
Il a rappelé, à cet égard, la position constante du Maroc en faveur des droits légitimes du peuple palestinien à l’établissement de son État indépendant, dans les frontières du 4 juin 1967, avec Al-Qods-Est pour capitale, et dont la bande de Gaza fait partie intégrante, sur la base de la solution à deux États, conformément aux résolutions pertinentes de la légalité internationale.
Évoquant le contexte régional et international particulièrement délicat et complexe dans lequel se tient cette réunion, le diplomate marocain a fait observer que le Moyen-Orient connaît des perturbations sans précédent au niveau des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, faisant peser une double menace d’asphyxie sur la navigation maritime et les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique.
Il a indiqué que cette escalade simultanée est devenue un important moyen de pression géopolitique et économique, dont les effets se sont accentués avec la fermeture persistante du détroit d’Ormuz, parallèlement aux opérations militaires menées par la milice houthie pour prendre le contrôle des côtes yéménites donnant sur Bab el-Mandeb, en mer Rouge.
Face à cette situation, le Royaume du Maroc considère que la gestion des détroits maritimes constitue une responsabilité et non une propriété, rejetant tout comportement visant à transformer ces passages stratégiques en instruments de chantage, note-t-il.
Par ailleurs, le Royaume a souligné que l’aggravation des crises dans plusieurs pays membres de l’OCI, conjuguée à l’émergence de défis politiques, économiques, humanitaires et sécuritaires, exige de l’ensemble des États membres des efforts accrus et l’adoption de positions unifiées et responsables, conformément à l’esprit de la Charte de l’Organisation et à ses principes.
Le Maroc demeure ainsi convaincu que la réalisation des objectifs de l’OCI passe nécessairement par le respect strict de la souveraineté des États islamiques frères, la prévention des divisions et du sectarisme, la lutte contre les discours de haine et l’islamophobie, ainsi que le rejet de toute ingérence dans leurs affaires intérieures.
Il a également insisté sur la nécessité de défendre l’unité territoriale et nationale de ces États, de préserver leur sécurité et leur stabilité et de privilégier le dialogue, la médiation pacifique et la réconciliation nationale, afin de répondre aux aspirations de leurs peuples au progrès et à la prospérité.
Dans la « Déclaration de Bagdad », ayant sanctionné les travaux de cette 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’OCI, les ministres ont notamment salué le rôle du Comité Al-Qods, présidé par le roi Mohammed VI, et de l’Agence Bayt Mal Al Qods dans la protection d’Al-Qods et le soutien à la résilience de ses habitants et de ses institutions.
AK/APA





