Le président national de l’Association des gestionnaires de déchets du Nigeria (AWAMN), Olugbenga Adebola, a appelé à un recours accru aux technologies, au renforcement du cadre réglementaire et à une plus grande implication des citoyens pour moderniser la gestion des déchets dans le pays.
S’exprimant à l’issue d’une mission d’étude technique de dix jours en Bavière, dans le sud de l’Allemagne, M. Adebola a indiqué que la délégation avait porté son attention sur les technologies environnementales, la gestion des déchets, l’économie circulaire, ainsi que l’assainissement et le traitement des eaux usées.
Selon lui, la délégation a étudié des modèles dans lesquels les déchets solides, les eaux usées et l’énergie sont considérés comme des ressources valorisables grâce à une combinaison de réglementation, d’innovation technologique et de participation citoyenne.
Il a souligné que le Nigeria n’avait pas vocation à reproduire à l’identique le modèle allemand, mais pouvait en adapter les principes à ses réalités socio-économiques.
« Un déchet ne devient un déchet que lorsqu’il n’est pas valorisé. Les déchets sont des ressources », a-t-il déclaré.
M. Adebola a estimé que cette mission avait également montré que les technologies, à elles seules, ne pouvaient pas résoudre les défis environnementaux sans une gouvernance efficace et l’adhésion des populations.
La délégation a notamment visité plusieurs entreprises et installations spécialisées dans le traitement des eaux usées, la production d’eau potable, la gestion des boues d’épuration, la supervision numérique des réseaux et la gestion des déchets municipaux.
Selon M. Adebola, la visite de l’entreprise allemande Klara GmbH a notamment mis en évidence le potentiel des stations d’épuration décentralisées et modulaires pour les collectivités, les ensembles résidentiels et les établissements hôteliers ne disposant pas de réseaux collectifs d’assainissement.
De telles solutions pourraient être envisagées dans des zones urbaines comme Lagos ou Abuja afin de réduire le recours aux fosses septiques et aux puisards, souvent à l’origine de la contamination des nappes phréatiques, a-t-il expliqué.
La délégation s’est également intéressée aux systèmes de traitement de l’eau et aux infrastructures de canalisation développés par Clearfield PPU Water Systems, conçus pour réduire la consommation énergétique et résister à la corrosion.
Ces technologies pourraient notamment trouver des applications dans les communautés côtières, tandis que leur fabrication locale offrirait des perspectives aux entreprises nigérianes, a ajouté M. Adebola.
La visite de l’entreprise UTP Umwelttechnik Pöhnl GmbH a par ailleurs permis à la délégation d’examiner des procédés de transformation des boues d’épuration en granulés combustibles destinés à l’industrie cimentière.
Selon M. Adebola, cette approche pourrait favoriser la mise en place de partenariats entre les organismes chargés de l’assainissement et les producteurs de ciment afin de valoriser énergétiquement les boues traitées.
La délégation a enfin étudié les solutions numériques développées par FlowChief GmbH pour assurer la surveillance en temps réel des réseaux d’assainissement, des stations de pompage et des opérations de collecte des déchets.
M. Adebola a estimé que des outils similaires permettraient d’améliorer l’efficacité de la collecte, de suivre les itinéraires des véhicules, de réduire les coûts d’exploitation et de détecter rapidement les dysfonctionnements des réseaux.
GIK/lb/te/APA





