L’Agence nationale de l’Aquaculture (ANA) a présenté lundi à Dakar les résultats d’études consacrées au potentiel ostréicole des mangroves et lagunes sénégalaises, à l’issue d’une année de travaux scientifiques menés sur 20 sites pilotes.
La restitution des résultats d’études sur le potentiel ostréicole du Sénégal s’est déroulée lors d’un atelier organisé à l’Hôtel Les Résidences Mamoune, dans le cadre de la mise en œuvre des conventions entre l’ANA et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), notamment à travers le programme FISH4ACP (Potentiel de la pêche et de l’aquaculture en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique-ONU)
Les études ont porté sur plusieurs paramètres liés à la production de l’huître Crassostrea gasar, notamment sa croissance, sa mortalité, le captage naturel des naissains ainsi que les performances ostréicoles des différents sites étudiés.
Les travaux ont également abouti à l’élaboration d’un atlas cartographique destiné à identifier les zones présentant un potentiel pour le développement de l’ostréiculture au Sénégal.
Le suivi réalisé sur les 20 sites pendant environ une année vise à fournir une base comparative sur les conditions de production de l’huître dans différents environnements de mangrove et de lagune.
Les données recueillies permettent notamment d’apprécier la croissance des huîtres, leur taux de mortalité et les capacités naturelles de captage des naissains. Ces indicateurs doivent contribuer à une meilleure connaissance des performances des différents sites et des conditions favorables à une production ostréicole plus régulière.
Les résultats détaillés par site, notamment les données relatives à la croissance, à la mortalité, au captage des naissains et aux rendements, doivent être intégrés aux documents scientifiques finalisés au terme du processus de validation.
L’atlas cartographique constitue l’un des principaux livrables de l’étude. Il doit permettre de localiser les espaces présentant des conditions favorables à l’ostréiculture et contribuer à une meilleure planification du développement de la filière.
Cet outil pourrait également servir à orienter les investissements et les interventions techniques vers les zones disposant des caractéristiques les plus favorables à l’élevage de l’huître.
Au Sénégal, l’ostréiculture est fortement liée aux écosystèmes de mangrove et aux zones estuariennes. L’activité constitue une source de revenus pour les communautés côtières, avec une forte implication des femmes dans la collecte, la transformation et la commercialisation des produits ostréicoles.
Le développement de la filière doit ainsi prendre en compte à la fois les perspectives économiques et la préservation des milieux naturels dont dépend la production.
Dans cette perspective, le programme FISH4ACP accompagne les acteurs de la chaîne de valeur avec l’objectif d’améliorer la productivité et les revenus tout en renforçant la durabilité de l’activité.
Selon la FAO, la demande nationale d’huîtres est supérieure à l’offre actuellement disponible, ce qui laisse entrevoir des possibilités de développement de la production aquacole.
La disponibilité de données scientifiques sur les performances des sites doit permettre de mieux répondre à cette demande en favorisant une évolution progressive vers des systèmes d’élevage plus maîtrisés.
Le captage naturel des naissains constitue notamment un enjeu important pour la professionnalisation de la filière, puisqu’il conditionne l’approvisionnement des producteurs en jeunes huîtres destinées à l’élevage.
La restitution des résultats intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités et de leurs partenaires de mieux structurer la chaîne de valeur ostréicole.
Les observations et recommandations formulées au cours de l’atelier par la FAO et les différentes parties prenantes doivent contribuer à la finalisation des documents scientifiques produits dans le cadre de l’étude.
Pour l’ANA, cette démarche doit contribuer à améliorer la connaissance des ressources, renforcer les capacités des acteurs et favoriser une exploitation durable du potentiel ostréicole des territoires côtiers et estuariens.
Les données issues des 20 sites pilotes et l’atlas cartographique devraient ainsi constituer des outils d’aide à la décision pour les prochaines étapes de développement de la filière.
L’enjeu sera notamment de traduire ces résultats scientifiques en actions concrètes portant sur le choix des sites, les techniques d’élevage, le captage des naissains, l’amélioration des rendements et la préservation des écosystèmes de mangrove.
TE/Sf/APA





