Le gouvernement burkinabè durcit les règles applicables aux ONG et associations de développement, appelant à davantage d’actions de terrain.
Désormais, au moins 80% des ressources mobilisées par les ONG au Burkina Faso devront être consacrées aux investissements directs sur le terrain, selon des décisions adoptées jeudi en Conseil des ministres.
Cette nouvelle exigence vise à garantir que les financements mobilisés au nom des populations vulnérables bénéficient directement aux communautés ciblées, a expliqué le gouvernement.
Le Conseil des ministres a adopté plusieurs décrets précisant les conditions d’obtention et de maintien du statut d’ONG au Burkina Faso.
« Un accord-cadre sera obligatoire pour les associations de droit burkinabè et une convention de siège régira les entités étrangères », a indiqué le ministre de l’Economie, Aboubakar Nakanabo, cité par le porte-parole du gouvernement Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Les organisations disposeront d’un délai de deux ans pour se conformer aux nouvelles exigences.
Les textes prévoient également une catégorisation des associations intervenant au Burkina Faso. Le statut d’« Association de développement » sera notamment lié à la signature d’un accord-cadre ou d’une convention d’établissement.
Le gouvernement instaure par ailleurs une évaluation administrative, financière et technique des activités des associations, qu’elles soient étrangères ou de droit burkinabè.
Un seuil minimal d’investissement cumulé sera aussi fixé pour accéder au statut d’ONG.
Un autre décret encadre les collaborations entre l’Etat et les organisations qui souhaitent financer ou accompagner des activités publiques sans s’établir légalement au Burkina Faso.
Des commissions chargées d’examiner les documents de collaboration et les programmes d’investissement seront créées dans les départements ministériels.
Des plans d’investissement territorial et des protocoles d’accord sont également prévus pour encadrer les interventions des organisations.
Ces mesures découlent de la loi de juillet 2025 portant liberté d’association et s’inscrivent, selon le gouvernement, dans la volonté d’aligner l’action des organisations sur les priorités nationales.
HO/te/Sf/APA





