L’opposition zambienne a saisi l’Union africaine (UA) pour réclamer une intervention dans le contentieux électoral, estimant que l’investiture annoncée du président Hakainde Hichilema, prévue le 1er septembre, risque de compromettre toute possibilité de recours contre les résultats du scrutin.
Dans une lettre datée du 25 août adressée au président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, l’ancien diplomate Emmanuel Mwamba, au nom de l’Alliance Tonse-Pamodzi, affirme que les voies judiciaires permettant de contester l’élection ont été entravées.
Il cite notamment la fermeture des tribunaux le 24 août par des forces de sécurité armées, qui aurait empêché des avocats de déposer des recours au dernier jour du délai constitutionnel de sept jours.
« Un État ne peut exiger que les litiges électoraux soient réglés exclusivement par des voies judiciaires tout en bloquant physiquement ces mêmes voies », a dénoncé M. Mwamba, estimant que les autorités ne peuvent invoquer une impossibilité qu’elles auraient elles-mêmes créée.
Selon l’ancien ambassadeur de Zambie en Éthiopie, les violations dénoncées peuvent encore être corrigées, mais seulement avant l’investiture prévue le 1er septembre, qui rendrait, selon lui, les contestations judiciaires du scrutin sans objet.
Pour respecter les délais légaux, l’avocate Linda Kasonde, l’activiste Brebner Changala et la LCK Freedom Foundation auraient transmis leur requête par voie électronique à l’adresse privée du président de la Cour suprême, Mumba Malila. Celui-ci en aurait accusé réception avant de transmettre le dossier à la Cour constitutionnelle.
L’opposition estime que l’investiture de Hichilema avant l’examen de cette requête porterait atteinte aux mécanismes constitutionnels de contestation des résultats.
Emmanuel Mwamba a également dénoncé le déploiement de militaires dans des bureaux de vote et des centres de compilation des résultats. Il a par ailleurs évoqué une opération de sécurité au domicile du principal candidat de l’opposition, Brian Mundubile, au cours de laquelle l’ancien ministre Mutotwe Kafwaya aurait été tué et plusieurs personnes arrêtées.
La Commission électorale de Zambie est également mise en cause. L’opposition lui reproche notamment d’avoir suspendu la compilation des résultats le 14 août avant de proclamer les résultats définitifs le 18 août, sans, selon elle, publier les données détaillées par bureau de vote.
Le pouvoir judiciaire rejette toutefois l’existence d’un recours présidentiel en instance. Son porte-parole, Kalumba Slavin, a déclaré que le greffe de la Cour constitutionnelle n’avait reçu aucune requête contestant l’élection présidentielle à la clôture de ses activités le 25 août.
Il a confirmé, en conséquence, que la prestation de serment de Hakainde Hichilema est maintenue au 1er septembre, conformément aux dispositions constitutionnelles.
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