Près de la moitié des ménages libyens consomment une eau dans laquelle la bactérie Escherichia coli (E. coli) a été détectée, selon une enquête nationale réalisée par le Bureau des statistiques et du recensement en coopération avec l’UNICEF, qui met en évidence d’importantes disparités territoriales.
L’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) 2024-2025, réalisée par le Bureau libyen des statistiques et l’UNICEF, révèle la présence d’E. coli dans l’eau potable de 46,4% des ménages interrogés en Libye. La situation apparaît plus préoccupante dans les zones rurales, où le taux de contamination atteint 53,5%, contre 45,6% dans les zones urbaines.
Les écarts sont particulièrement marqués selon les régions. À Syrte, E. coli a été détectée dans l’eau de 91,9% des ménages concernés par l’enquête, soit le niveau le plus élevé relevé. Le taux atteint également 85,1% à Al-Jufra et 72,4% à Al-Marqab. À l’inverse, Benghazi affiche un taux nettement inférieur, de 11,9%.
L’étude souligne parallèlement que seuls 38% des membres des ménages disposent d’un service d’eau potable considéré comme « géré en toute sécurité ». Cette classification désigne une eau provenant d’une source améliorée, accessible sur place et disponible lorsque nécessaire, mais également exempte de contamination fécale.
Le recours à l’eau conditionnée n’écarte pas totalement le risque. Selon l’enquête, E. coli a été détectée chez 32,8% des personnes consommant de l’eau en bouteille. Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats ne permettent pas d’établir que la contamination intervient lors de l’embouteillage. Elle peut également survenir pendant le transport, le stockage ou la manipulation de l’eau au sein des foyers.
La présence d’E. coli constitue un indicateur de contamination fécale de l’eau et peut signaler l’existence de risques sanitaires. Certaines souches de cette bactérie sont susceptibles de provoquer notamment diarrhées, douleurs abdominales et vomissements, avec une vulnérabilité accrue chez les enfants et les personnes âgées.
Ces données mettent ainsi en évidence l’ampleur des difficultés auxquelles la Libye reste confrontée pour garantir un accès généralisé à une eau potable sûre, tant dans les réseaux d’approvisionnement que dans les conditions de stockage et de consommation domestique.
MK/Sf/APA







