Après des décennies de conflit, le Soudan du Sud reste l’un des pays les plus contaminés par les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre. L’espoir renaît dans la précarité grâce au déminage par l’ONU.
Les engins explosifs de guerre ont fait plus de 5 000 victimes en vingt ans au Soudan du Sud, et continuent de freiner le retour des populations, le développement économique et la reconstruction du pays.
Dans des localités comme Bilinyang, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Juba, les mines et les munitions non explosées ont longtemps fait peser une menace permanente sur les habitants. Outre les pertes humaines, ces explosifs entravent les activités agricoles, limitent les échanges commerciaux, rendent certaines routes impraticables et retardent le retour des personnes déplacées.
Pour faire face à cette situation, le Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), en partenariat avec les autorités sud-soudanaises, poursuit ses opérations de localisation et de neutralisation des engins explosifs. Depuis le début de son intervention, l’organisation affirme avoir détruit plus de 1,2 million d’engins explosifs ainsi que plus de 7,3 millions de munitions de petit calibre à travers le pays.
À Bilinyang, où un enfant avait trouvé la mort après l’explosion d’une munition non explosée, les opérations de déminage ont profondément changé le quotidien des habitants. Les terres autrefois dangereuses sont désormais accessibles, permettant aux populations de circuler plus librement, de cultiver leurs champs et de reprendre progressivement une vie normale.
Cependant, ces progrès sont aujourd’hui menacés par les difficultés financières auxquelles fait face le système des Nations Unies. Faute de ressources suffisantes, l’UNMAS a dû réduire considérablement son dispositif au Soudan du Sud.
Le nombre d’équipes de déminage est ainsi passé de 19 à 8, tandis que les unités cynophiles spécialisées dans la détection des explosifs ainsi que les moyens de déminage mécanique ont été retirés des opérations.
Selon les responsables de l’UNMAS, le déminage demeure un préalable essentiel au redressement du pays. Sans terres sécurisées, les agriculteurs ne peuvent exploiter leurs champs, les organisations humanitaires peinent à acheminer l’aide aux populations et les projets de reconstruction des infrastructures restent fortement compromis.
Malgré ces contraintes, plusieurs partenaires internationaux continuent de soutenir les opérations. Les Pays-Bas figurent parmi les principaux bailleurs grâce à un financement pluriannuel flexible accordé via les Nations Unies.
En visite à Bilinyang, des représentants du ministère néerlandais des Affaires étrangères ont assisté à la destruction d’engins explosifs et salué le travail accompli par les équipes de déminage dans un environnement particulièrement difficile. Ils ont souligné que la sécurisation des terres est indispensable pour reconstruire les routes, bâtir des écoles et créer les conditions d’une paix durable.
Les effets de ces opérations sont déjà visibles dans la région de Gondokoro, où la neutralisation de dizaines de mines antichars a permis de rendre à nouveau habitables des zones autrefois interdites. Des familles revenues de différentes régions du pays y construisent désormais leurs maisons sur d’anciens champs de mines, illustrant les avancées du processus de stabilisation et l’espoir d’un avenir plus sûr pour les communautés.
ABJ/lb/te/Sf/APA







