Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les États africains à traduire leurs engagements sanitaires en actions concrètes afin d’accélérer les progrès du continent dans la lutte contre les grandes maladies et le renforcement des systèmes de santé.
S’exprimant à l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine consacrée aux questions de santé en Afrique, tenue à Accra, au Ghana, le président de la CUA, Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur la nécessité d’un « changement décisif » pour faire de la souveraineté sanitaire une réalité.
Le responsable de l’UA a indiqué que l’organisation continentale veut intensifier ses efforts pour mettre fin au sida, réduire les décès maternels et infantiles évitables, combattre les maladies transmissibles et non transmissibles, renforcer la résilience des systèmes de santé et accélérer l’accès à la couverture sanitaire universelle.
Selon lui, cette ambition passe notamment par un financement domestique accru de la santé, le développement d’une industrie locale de médicaments et de vaccins, la mise en place de systèmes réglementaires efficaces, ainsi que le soutien à la recherche et à l’innovation.
« Les générations futures ne se souviendront pas de ce sommet pour nos discours, mais pour notre capacité à changer la trajectoire de la santé en Afrique », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, appelant les États membres à transformer la Déclaration d’Accra en résultats concrets et mesurables.
Un lourd fardeau sanitaire
Le président de la CUA a rappelé que l’Afrique continue de supporter une part disproportionnée du poids mondial des maladies infectieuses, notamment le paludisme, le VIH/sida et la tuberculose.
Les données présentées lors de la rencontre indiquent que le continent concentre environ 95 % des cas et des décès liés au paludisme dans le monde, avec une forte vulnérabilité chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
L’Afrique représente également près des deux tiers du fardeau mondial du VIH, malgré d’importants progrès réalisés dans la prévention et l’accès aux traitements.
La situation reste préoccupante chez les enfants, avec environ 60 % des moins de cinq ans touchés par l’anémie et près de 75 % confrontés à la pauvreté alimentaire, dont 32 % dans des formes sévères.
Des systèmes de santé encore fragiles
La CUA souligne également les insuffisances persistantes en matière d’infrastructures et de ressources humaines sanitaires, notamment dans les zones rurales. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique subsaharienne compte seulement 1,3 professionnel de santé pour 1 000 habitants, contre un seuil recommandé de 4,5 agents pour 1 000 habitants.
La session d’Accra a réuni des dirigeants africains et des partenaires internationaux autour de priorités communes : élimination du sida et de la tuberculose, amélioration de la santé maternelle et infantile, renforcement des systèmes sanitaires et accélération de la couverture sanitaire universelle sur le continent.
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