Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a appelé mardi les dirigeants africains et les partenaires au développement à transformer les engagements en actions concrètes pour relever le défi de l’eau sur le continent, à l’ouverture du Forum africain de l’Eau, coorganisé à N’Djaména avec la Banque mondiale.
Devant plusieurs chefs d’État et de gouvernement, des responsables de la Banque mondiale et de nombreuses délégations africaines, en appelant à un « momentum de l’action », le chef de l’État tchadien a dressé un constat préoccupant de la situation hydrique du continent. Il a rappelé que plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable et averti que les effets du changement climatique pourraient réduire le produit intérieur brut de certaines régions africaines de près de 12 % d’ici à 2050.
Prenant l’exemple du lac Tchad, dont la superficie s’est considérablement réduite au cours des six dernières décennies, Mahamat Idriss Déby Itno a estimé que cette évolution illustre « le miroir de notre fragilité collective », rappelant que ce bassin faisait vivre plus de 30 millions de personnes.
Le président a réaffirmé que l’accès à l’eau constitue une priorité stratégique du programme « Tchad Connexion 2030 ». À cette occasion, il a annoncé la signature prochaine d’un Pacte pour l’eau du Tchad, qui chiffre à 3,8 milliards de dollars les besoins de financement du secteur sur les cinq prochaines années. Environ 20 % de ce montant devront être mobilisés sur les ressources nationales.
Le plan prévoit notamment des investissements dans les infrastructures hydrauliques, le développement de l’irrigation, la construction de retenues d’eau et l’aménagement de stations pastorales. Le chef de l’État a également salué la participation des organisations régionales de gestion des bassins fluviaux, dont la Commission du bassin du lac Tchad.
Mahamat Idriss Déby Itno a, en outre, exhorté les partenaires techniques et financiers à accélérer le décaissement des fonds promis dans le cadre de l’initiative « Water Forward », afin d’accompagner les États africains dans leurs projets d’accès à l’eau et de résilience climatique.
Pour orienter les travaux du forum, il a proposé trois priorités : accroître le financement de projets hydriques « bancables », renforcer la gouvernance de l’eau grâce notamment au partage en temps réel des données hydrologiques, et favoriser une plus grande implication des femmes et des jeunes dans les politiques de gestion de l’eau.
« L’eau, c’est la vie », a conclu le président tchadien, appelant à faire de N’Djamena le « momentum » d’une mobilisation africaine en faveur de la sécurité hydrique et du développement durable.
CA/te/Sf/APA







