Le Caire accélère la modernisation de son réseau logistique avec la signature de contrats ferroviaires d’environ 690 millions d’euros destinés à connecter plus efficacement les zones industrielles, agricoles et minières aux ports maritimes et aux nouveaux pôles urbains.
L’Autorité nationale des chemins de fer égyptienne (ENR) a conclu, le 18 juin, une série de contrats d’une valeur totale d’environ 690 millions d’euros avec un consortium réunissant Alstom, Rowad Modern Engineering et Concrete Plus. Selon le ministère égyptien des Transports, ces investissements s’inscrivent dans la stratégie nationale visant à moderniser les infrastructures ferroviaires, renforcer la sécurité des circulations et accroître les capacités de transport de marchandises.
Au-delà de la modernisation du réseau, le gouvernement égyptien poursuit un objectif plus large : transformer le rail en colonne vertébrale de sa logistique nationale. Le ministre des Transports, Kamel Al-Wazir, a indiqué que ces projets participent à la mise en œuvre de plusieurs corridors logistiques destinés à relier les principaux bassins de production industrielle, agricole et minière aux ports maritimes ainsi qu’aux nouvelles villes développées dans le cadre des grands programmes d’aménagement du territoire.
L’essentiel des investissements concerne le corridor stratégique 6-Octobre–Alexandrie, dont le coût global atteint environ 550 millions d’euros. D’après Alstom, le projet prévoit l’installation de systèmes ferroviaires numériques de nouvelle génération, la modernisation des télécommunications, le renforcement des équipements électriques ainsi que la réhabilitation des infrastructures ferroviaires et civiles. L’objectif affiché est d’améliorer la sécurité, d’augmenter la capacité du réseau et de réduire les temps de parcours d’environ 80 minutes sur l’ensemble de l’itinéraire.
Ce corridor comprend trois opérations majeures. La première porte sur la ligne Al-Maraziq–6 Octobre, longue de 137 kilomètres, avec une modernisation des systèmes de signalisation et la création d’une nouvelle liaison ferroviaire. La deuxième concerne la ligne Bachtil–Itay El-Baroud, où sont prévus le doublement de la voie et la modernisation des équipements de signalisation. Enfin, la ligne Al-Ittihad–Al-Qabbari fera également l’objet d’une rénovation complète de ses systèmes de contrôle et de sécurité.
Le second volet du programme concerne la nouvelle ligne Robeiki–10 Ramadan–Belbes (B10), longue de 63 kilomètres, pour un investissement estimé à environ 140 millions d’euros. Cette infrastructure doit renforcer les connexions avec la ville industrielle du 10 Ramadan, considérée comme l’un des principaux pôles manufacturiers d’Égypte et du Moyen-Orient. Selon Alstom, le projet vise à améliorer l’efficacité du transport de marchandises et à soutenir le développement du corridor logistique oriental.
Ces investissements illustrent la volonté du gouvernement égyptien de repositionner le rail au cœur de sa stratégie de compétitivité. En améliorant les connexions entre les zones de production, les ports d’exportation et les grands axes logistiques, Le Caire cherche à réduire les coûts de transport, fluidifier les chaînes d’approvisionnement et renforcer l’attractivité industrielle du pays.
L’intégration de ces infrastructures au corridor logistique Sokhna–Alexandrie, qui associe ports maritimes, port sec, réseau ferroviaire classique et train électrique à grande vitesse, témoigne également de l’ambition égyptienne de bâtir un système de transport multimodal capable d’accompagner la montée en puissance de l’industrie nationale et du commerce extérieur dans les années à venir.
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